Historique du Groupe communautaire L’Itinéraire
1990 La création d’un Groupe innovateur 
Création du Groupe communautaire L’Itinéraire, composé d’une dizaine de personnes itinérantes, alcooliques et toxicomanes et de leurs intervenants psychosociaux, dont l’organisateur communautaire François Thivierge, du Centre d’accueil Préfontaine, aujourd’hui le Centre Dollard-Cormier.
La mission du Groupe est de créer des projets pour que les personnes de la rue puissent acquérir des responsabilités et sortir du cercle de l’itinérance.Une charte est rédigée afin de permettre l’adhésion de membres en règle et de s’assurer que l’organisme assurera une place prédominante aux personnes issues de la rue afin qu’elles puissent s’intégrer et se revaloriser en ayant des responsabilités individuelles et collectives.
Le nom L’Itinéraire est choisi pour illustrer le cheminement que l’on désire offrir aux itinérants : de la rue au logement, puis au travail.
Le Groupe voit le jour et ne démarre que grâce à une subvention de quelques milliers de dollars du Centre d’accueil Préfontaine. Il n’y a aucun employé. L’organisme devient accrédité à titre d’organisme de charité et peut collecter des dons et émettre des reçus de charité.
Des dons en meubles de commerçants et de résidents du quartier Centre-Sud permettront d’équiper un local sur la rue Dorion, près du métro Papineau. Ce local deviendra par la suite le Café L'Itinéraire, une véritable ressource de socialisation et de soutien alimentaire.
1992 Le journal L’Itinéraire 
Création du journal L’Itinéraire par des membres du Groupe : Pierrette Desrosiers, Denise English, Michèle Wilson et François Thivierge Cette publication est l’embryon du magazine L’Itinéraire. Distribué gratuitement dans les ressources d’aide et les centres d’hébergement, il vise l’expression des participants et à inviter les personnes isolées à participer au Groupe. Le Groupe déménage dans un local plus vaste, au 1223 Ontario Est, coin Beaudry. C’est là que les grandes idées verront le jour.
1993 Un projet-pilote 
Un projet-pilote de levée de fonds et de sensibilisation de la population à L’Itinéraire permet de faire connaître le Groupe au grand public. La Presse accepte gracieusement de publier une édition spéciale du journal L’Itinéraire dans le format de son cahier des sports. Les membres du Groupe et des personnalités du monde des affaires, politique et artistique vendent les 3 000 copies en quelques jours. L’idée émerge de créer une entreprise, un journal qui serait vendu dans les rues de Montréal par les personnes itinérantes et sans-emploi, en alternative à la mendicité.
Le Groupe s’informe sur le concept des journaux de rue qui a émergé à la fin des années 80. Il s’agit de publications réalisées en partie et vendues dans les rues par des personnes itinérantes. Il y a déjà des dizaines de journaux de rue dans le monde et le concept est un succès partout. La nature positive d’insertion sociale est célébrée par la population des villes. Les magasins Body Shop, qui ont financé le démarrage du premier journal de rue européen à Londres, The Big Issue, invite l’éditeur londonien à présenter son projet au Groupe L’Itinéraire.
La Ville de Montréal accorde une subvention de démarrage de 30 000 $ et l’aventure du journal de rue commence.
1994 Lancement du journal de rue 
Deux jeunes journalistes, Linda Boutin et Serge Lareault sont engagés pour mettre sur pied l’entreprise de presse. Les objectifs du Groupe sont d’offrir un revenu alternatif à des mendiants et à des personnes incapables de s’intégrer au marché de l’emploi. Les membres du Groupe désirent aussi que les personnes exclues de la société puissent s’exprimer, faire partie prenante du journal. Ils désirent également une publication qui brisera les préjugés et fera comprendre à la population que les personnes de la rue ont une place comme les autres.
L’équipe met en place le concept de journal-école qui permet sous forme de coaching de transférer des connaissances et des aptitudes aux personnes sans-emploi et en processus de réintégration sociale.
La première édition de L’Itinéraire vendue dans la rue paraît le 24 mai 1994, dans un format magazine mais sur papier journal. Le Groupe croyant en vendre entre 3 000 et 5 000 copies, a dû réimprimer et en a vendu 15 000 copies. C’était le début d’un succès qui ne se démentira pas. Le journal L’Itinéraire est publié à tous les deux mois.
1995 Premiers développements 
En janvier, le journal devient un mensuel et double ainsi son tirage. Les recettes de la vente et des dons reçus permettent d’embaucher quelques employés. Grâce à l’appui de la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC) du Centre-Sud/Plateau Mont-Royal, L’Itinéraire obtient des subventions qui permettent de stabiliser le personnel et de développer les projets. Le café sur la rue commence à se développer et offre des sandwichs et quelques repas simples.
1996 Le Café L'Itinéraire et expansion 
Le Groupe prend de l’expansion et déménage au 1907 Amherst, coin Ontario. Le Café L'Itinéraire devient un véritable restaurant avec des repas complets à 2 $. Le Café offre plusieurs places d’intégration à l’emploi. Des centaines de personnes fréquentent l’organisme chaque année. Le journal se développe de plus en plus. Six employés composent le personnel. Les bénévoles et les membres du Groupe augmentent. L’Itinéraire est de plus en plus reconnu pour son implication sociale, l’originalité et l’impact de ses projets.
1997 L’Espace Internet et formations informatiques 
C’est le début de l’internet et les personnes de la rue n’ont pas accès à cette nouvelle technologie. Avec l’appui de Vidéotron ltée, L’Itinéraire crée L’espace Internet, un café électronique pour personnes de la rue. De la formation est offerte gratuitement afin d’informatiser les plus démunis. Les camelots qui vendent le journal apprennent à rédiger leurs articles sur ordinateurs. Une quinzaine de postes informatiques sont disponibles grâce aux dons de la population.
1998 Les cartes-repas et congrès nord-américain 
L’Itinéraire crée le concept des cartes-repas. Plusieurs citoyens affirment ne plus donner d’argent aux personnes de la rue car elles craignent que leur argent serve à la consommation de drogues. Le Groupe décide de redonner à ces personnes la capacité de redevenir concrètement solidaires des personnes de la rue, alors qu’elles l’étaient toujours de cœur. Par des annonces dans le journal, le Groupe vend des cartes-repas à 4 $, coût d’un repas au Café L'Itinéraire. Le public les achète : 75% les laissent au café sur la rue mais 25% décident de les recevoir à la maison et de les distribuer dans la rue. Ils sont contents de pouvoir redonner à nouveau. Le projet prend de l’ampleur en 2003 quand la fondation des Œuvres du cardinal Léger, la Sécurité du revenu de la Ville de Montréal et la CDEC Centre-Sud/Plateau Mont-Royal appuie le concept. Une importante campagne fait connaître le projet. Aujourd’hui, environ 15 000 repas sont offerts annuellement grâce aux cartes-repas achetées par plus de 500 citoyens.
C’est aussi en 1998 que L’Itinéraire est l’hôte du Congrès de la North American Street Newspapers Association (NASNA), qui regroupe une trentaine de journaux membres des Etats-Unis et du Canada. L’événement est très médiatisé et L’Itinéraire démontre son savoir faire.
1999-2003 Une reconnaissance accrue 
L’Itinéraire a le vent dans les voiles. Les services ne cessent de se développer et le nombre de personnes aidées augmente chaque année. L’Itinéraire remporte plusieurs prix pour la qualité de ses articles et de sa publication en général (1996-1999). Le Groupe est reconnu pour son impact sur la défense des droits des personnes vulnérables dans le cadre d’une exposition pancanadienne sur le cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1998). L’Itinéraire est déclaré meilleur journal de rue par la North American Street Newspapers Association (1999). Son rédacteur en chef et co-directeur, Serge Lareault, est nommé l’une des 99 personnalités sociales lors du Printemps du Québec à Paris, en 1999.
2004 Un immeuble, 10 ans de publication, reconnaissance 
Le nombre de personnes itinérantes a pratiquement doublé en dix ans à Montréal. L’Itinéraire entreprend un important plan de développement afin d’aider plus de personnes et de consolider l’organisme pour les décennies à venir.
Grâce à l’appui du gouvernement du Canada et de nombreux donateurs, le Groupe fait l’acquisition du 2103 Ste-Catherine est, coin de Lorimier, à Montréal. L’immeuble de trois étages permet d’abriter tous les projets du Groupe à meilleur coût et assure une sécurité financière importante.
2004 marque également le10e anniversaire du journal de rue. Une importante exposition est organisée tout l’été à l’Écomusée du Fier monde. Des milliers de personnes visitent l’exposition qui retrace dix ans de publication et de succès de nos camelots et participants.
Le Groupe reçoit une reconnaissance ultime, le Prix d’excellence du Réseau de la santé et des Services sociaux à titre d’organisme d’aide aux personnes vulnérables. Le prix est remis par le Ministre.
2005 Le magDVD Le 3e Œil 
L’Itinéraire crée lemagDVD Le 3e Œilen remplacement du Café Internet. Le besoin de formation en informatique est moins criant et l’accès internet est plus facile depuis que les bibliothèques et les organismes communautaires sont branchés. De plus, le nombre de jeunes de la rue augmente dramatiquement. Ils seraient 5 000 à Montréal. Les jeunes de 18-30 ans, plus télévisuels, s’intéressaient moins au journal. Il fallait trouver un moyen de les faire participer à un projet moderne qui les touche. Avec l’appui principal de Santé Canada, L’Itinéraire démarre un projet calqué sur son journal de rue mais avec un nouveau média : un Magazine vidéo sur format DVD. Réalisé en majeure partie par des jeunes en réinsertion appuyés par les professionnels, les participants développent des aptitudes et se revalorisent dans la production vidéo. Un autre succès. Cinquante jeunes participent dès la première année.
2006 Le Magazine, reconnaissance locale et internationale 
Les efforts de développement rapportent un succès spectaculaire. Le Groupe L’Itinéraire double son personnel d’aide et de collecte de fonds pour maximiser sa performance. Le Groupe reçoit environ 2 000 personnes différentes par année et les places d’insertion doublent. Des intervenants psychosociaux aident un nombre accru de personnes. Les partenaires et les donateurs se multiplient. L’Itinéraire a atteint un niveau de reconnaissance inégalé.
Le Groupe est l’hôte de la 12e conférence de l’International Network of Street Papers (INSP), un réseau mondial d’une centaine de journaux représentant 30 millions de lecteurs et dont les bureaux sont situés à Glasgow, en Écosse. La conférence est un immense succès et a permis de sensibiliser davantage la population.
L’Itinéraire est reconnu pour la qualité de son organisation et le succès de ses projets. Serge Lareault, éditeur et directeur général du Groupe, est élu 3e président de l’INSP. Il contribuera à créer des journaux de rue en Afrique et à exporter le savoir-faire de L’Itinéraire en présentant l’organisme dans plusieurs pays.
L’Itinéraire devient un bimensuel et augmente encore son tirage. Il devient le « magazine L’Itinéraire », imprimé en couleur sur papier de qualité. La publication connaît un essor important et double le nombre de ses annonceurs. L’Itinéraire traite de plus en plus des problèmes sociaux et des grandes causes qui sont chères aux Montréalais. Le magazine est devenu un lieu de réflexion et de sensibilisation performant.
2007 Campagnes solidaires et Parco-don 
Le développement se poursuit. Le Groupe se donne comme objectif de réunir encore plus de citoyens autour de sa mission et des enjeux reliés à la pauvreté. C’est ensemble que nous pouvons changer les choses. L’Itinéraire commence à développer de plus en plus de campagnes solidaires.
Un concept des plus innovateurs voit le jour : les Parco-don. À partir d’une idée issue du maire de l’Arrondissement Ville-Marie et de son équipe, les anciens parcomètres du centre-ville sont recyclés et mis à l’image de L’Itinéraire. Ils sont replantés dans les rues et les citoyens sont invités à y déposer leurs dons en monnaie. Le projet est admirablement bien reçu de la population qui donne généreusement. Les Parco-don deviennent aussi un mobilier urbain qui rappelle que l’on doit être généreux et solidaire face à la pauvreté.
Et encore beaucoup reste à réaliser… avec vous!
2008 Projets à venir 
Développement du magDVD Le 3e Œil.
Augmentation des services aux camelots.
Développement du Café L'Itinéraire.
Présence dans la rue pour rejoindre plus de personnes itinérantes. |