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| Chronique Contes et comptes du prof Lauzon |
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Rions un peu avec le ministre provincial de la santé, Philippe Couilard (2e partie)
Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des Sciences comptables et titulaire de la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal - 1er février 2008 |
Malgré les sparages de Philippe Couillard qui disait vouloir tenir tête aux pharmaceutiques au sujet des prix des médicaments (La Presse, 14 novembre 2003), on apprend avec étonnement que «Médicaments : Québec abolira le gel des prix» (Le Devoir, 17 décembre 2004)! On tombe ensuite sur le dos quand on lit que «certains médicaments pourraient coûter jusqu’à 140% de plus» (La Presse, 18 juin 2007). Parlez-moi de quelqu’un qui sait tenir tête et qui ne lâche pas le morceau facilement. Il pourrait nous donner des leçons à tous… d’autant plus que ces médicaments ont augmenté de 300%, dans les faits…
Vous le savez bien ou vous devriez commencer à le savoir, quand les coûts de notre système de santé publique augmentent à cause du prix des médicaments établi par les «pôvres» pharmaceutiques, de la rémunération de nos bons médecins, qui avoisine le salaire minimum, et de la présence accrue du privé créateur de richesse pour tous, ça énerve moins les petits «monstres à batterie» qui prédisent l’apocalypse pour ledit système de santé public, comme Claude Castonguay, Lucien Bouchard et Pierre Fortin. Ces derniers préfèrent culpabiliser le monde ordinaire en invoquant le vieillissement de la population. De vrais charlatans que nos gouvernements aiment bien consulter malgré tout parce que c’est le type de conseils et de recommandations qu’ils veulent recevoir : tarifier notre système de santé public et le privatiser dans l’intérêt de leurs bons amis. Les libéraux et les péquistes ont fait montre de plus de courage pour tenir tête et plumer les employés de l’État.
Dans un article de Denis Lessard paru dans La Presse le 18 juin 2007, on peu lire dans la section «Ruptures de stock artificielles» que «des pharmaceutiques avaient exigé des hausses importantes. Leurs médicaments étaient introuvables au Québec alors qu’ils se vendaient ailleurs». Voilà des compagnies qui, avec la complicité tacite de vos élus, posent sans aucune retenue des gestes criminels. Des compagnies pharmaceutiques qui n’ont de privé que le nom puisqu’elles sont financées à plus de 80% à même les fonds publics. Aussi, lorsqu’elles font une découverte financée par les deniers publics, elles tiennent la population en otage en ne vendant leurs médicaments qu’à leurs conditions et à leurs gros prix démentiels. Faut arrêter ce chantage tout de suite en mettant sur pied Pharma Québec, une société d’état qui appartiendrait à tous et qui nous libérerait davantage et nous rendrait plus maîtres de notre destinée et moins exposés au chantage abject de ces criminels, qu’il faudrait emprisonner et pour très longtemps en plus de ça. Si seulement on n’avait pas privatisé Biochem Pharma à des parvenus comme Francesco Bellini qui l’a vendue à des Anglais puis est allé s’installer en Alberta avec «nos» millions afin de ne pas payer d’impôts.
Alors qu’on ne réussit pas à contrecarrer ces mammouths pharmaceutiques, La Presse titrait : «Québec veut sensibiliser la population au coût des médicaments», ce qui revient à dire : « Soumettez-vous à vos maîtres et payez bande de caves afin d’engraisser ces gros cochons corporatifs. »
Le doux Collège des médecins
Face à la pénurie chronique du nombre de médecins au Québec, pénurie artificielle créée de toutes pièces par le Collège des médecins et la Fédération des spécialistes, le titre d’un article du Journal de Montréal du 23 avril 2007 en dit long sur la bravoure de notre ministre de la Santé : «Couillard impuissant». On peut y lire que : «Le ministère de la Santé dit avoir une réelle ambition (sic) d’impliquer davantage de médecins étrangers au Québec, mais il souligne que ce pouvoir de reconnaissance appartient au Collège des médecins. Nous ne pouvons pas nous impliquer au-delà de leur pouvoir». Bande de menteurs et de lâches. Pas nécessaire de chercher bien longtemps et bien loin pour contredire le beau barbu Philippe Couillard. En effet, même pas un mois plus tôt, soit le 30 mars 2007, on pouvait lire dans un article du Journal de Montréal intitulé «L’Ontario recrute six fois plus de nouveaux médecins que le Québec» ce qui suit : «Alors qu’on compte 500 nouveaux médecins par année au Québec, l’Ontario a annoncé, hier, qu’elle en avait recruté 3000 depuis un an. Il faut dire que 63% des nouveaux médecins ontariens proviennent de l’extérieur de la province. Ce qui est encore plus surprenant est que près de la moitié des nouveaux médecins provient d’autres pays». Ce qui est possible en Ontario est impossible ici. Vraiment ignoble, et je choisis mes mots. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, c’est au Québec que l’on retrouve le moins de médecins étrangers, comme le souligne Mathieu Perreault dans un article parue dans La Presse le 26 octobre 2007. Même s’il y a pénurie de médecins au Québec, on rapporte que «pour immigrer au Québec, il vaut mieux vaut être boucher que médecin», selon un article paru dans le Devoir le 18 septembre 2007.
Alors, qui mène au Québec? Les pétrolières, les banques et les papetières - comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres articles - , et les pharmaceutiques dans le présent texte. Il faut vraiment nous prendre pour des imbéciles et faire preuve de mépris envers la population pour venir nous dire que le gouvernement du Québec est impuissant devant le Syndicat des médecins alors que durant la même période, dans la province voisine, le gouvernement de l’Ontario a réussi à juguler rapidement la pénurie de médecins. Ça, ça fait partie du modèle québécois que les lucides tiennent à nous imposer à tout prix. Mais, ce genre de soumission face aux puissants de ce monde n’est pas du tout décrié par nos « faiseux » de tout poil. Si nos politiciens avaient le courage de se mettre vraiment au service des intérêts supérieurs de la société, oui, on pourrait agir pour le mieux-être de l’ensemble, en remettant à leur place les médecins, les pharmaceutiques, les pétrolières, les banques, etc. Mais, vous préférez élire des gouvernements au service des intérêts particuliers des profiteurs et des filous. Et, n’oubliez pas de continuer à chialer contre les syndicats et les assistés sociaux, supposément les privilégiés de la société, que beaucoup d’entre vous chantent en chœur. Faites donc, un coup parti, comme l’ADQ de Mario Dumont qui veut absolument serrer la vis aux assistés sociaux (La Presse, 18 novembre 2007) et «slacker» la vis des pharmaceutiques, des juges, des pétrolières et des médecins afin de les aider à mieux vous «entretenir». Au moins, Philippe Couillard et Jean Charest ne sont pas ingrats avec nos cerveaux et nos bienfaiteurs et trouvent toujours de l’argent pour leur démontrer leur immense reconnaissance de daigner nous servir, comme le montre le titre de ces cinq articles :
- «Médecins spécialistes / Entente : jusqu’à 150 000$ de plus par année», le Journal de Montréal, 9 septembre 2007. Pendant ce temps-là, on gèle le salaire des fonctionnaires, faute d’argent qu’ils disent.
- «L’entente avec les spécialistes coûtera 1 milliard par année», La Presse, 18 septembre 2007. Ça c’est pour les spécialistes seulement. Avec ça, on peut bien ne plus avoir d’argent pour les nids-de-poule et les viaducs qui s’écroulent.
- «Les millions pleuvent sur les omnipraticiens. La hausse de revenus annoncée pourrait atteindre 30% d’ici 2016», le Devoir, 20 novembre 2007. Les millions pour les omnipraticiens et les pluies acides pour les autres.
- «Salaires : les médecins choyés par Québec», le Journal de Montréal, 20 novembre 2007. Faut choyer les médecins et les juges et «chopper» les assistés sociaux et les chômeurs.
- «Les juges font encore sauter la banque. Ils obtiendraient une «rétro» de 60 500$ après avoir touché une première de 145 000$», le Journal de Montréal, 17 octobre 2007. Après tout, les juges ne sont pas des «cotons».
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