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Semaine du développement international, mettre le cap sur les objectifs du Millénaire
Martine Letarte, collaboratrice - 1er février 2008 |
Au tournant du 21e siècle, les États membres de l’ONU se sont entendus sur huit objectifs du Millénaire, à atteindre d’ici 2015. À quelques jours de la Semaine du développement international, alors que s’est écoulée la moitié du délai pour atteindre ces buts, où en sommes-nous? Certainement pas assez loin, si on se fie aux spécialistes. Mais le travail se poursuit et les ONG sollicitent la collaboration de tous.
L’an dernier, le Centre d’interprétation et d’expertise du développement international révélait que seulement 16% des Québécois ont déjà entendu parler des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies. Pourtant, l’engagement des pays date de 2000.
Les huit objectifs sont les suivants : (1) Réduire l’extrême pauvreté et la faim; (2) Assurer l’éducation primaire pour tous; (3) Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes; (4) Réduire la mortalité infantile; (5) Améliorer la santé maternelle; (6) Combattre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies; (7) Assurer un environnement durable; (8) Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Des écoliers du Niger dînent à leur table de classe.
Photo : Oxfam-Québec |
Des objectifs interreliés
Si ces objectifs ont été clairement identifiés, dans l’action concrète, ils sont très imbriqués. «Prenons comme exemple l’objectif visant à assurer l’éducation primaire pour tous. Dans plusieurs pays d’Afrique, on croit qu’il n’est pas important d’éduquer les filles. Il nous faut donc travailler à promouvoir l’égalité pour arriver à l’accès à l’école primaire pour tous. De plus, l’objectif d’assurer un environnement durable comprend l’accès aux services d’assainissement, à des égouts et à des toilettes. On sait également que si une école a des toilettes, davantage de filles la fréquenteront, puisque pour elles, aller dans les champs pour uriner est une grande source d’insécurité qui peut faire en sorte qu’elles refusent d’aller en classe», explique Christine Laliberté, directrice adjointe des programmes au Québec chez Oxfam-Québec.
D’autres liens sont aussi très évidents entre divers objectifs, comme c’est le cas pour celui d’assurer un environnement durable et de combattre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies. «Le paludisme est transmis par les moustiques qui prolifèrent dans des endroits humides et insalubres, donc là où les services d’assainissement sont inadéquats, ou tout simplement inexistants», poursuit-elle.
Il y a également un lien direct entre l’accès à l’éducation des femmes et la santé des enfants. Comme l’explique Mme Laliberté, une mère éduquée sera en mesure de lire le carnet de santé de son enfant et ainsi, elle aura plus de chances de lui donner les soins appropriés. Enfin, promouvoir l’autonomisation des femmes en leur permettant de réaliser des activités génératrices de revenus fait également en sorte de réduire l’extrême pauvreté et la faim. «Tout est lié!», ajoute-t-elle.
Y arrivera-t-on?
Dans le domaine de l’aide internationale au développement, les belles promesses sont fréquentes, mais ne demeurent souvent que des paroles. Cette fois, les objectifs acceptés à l’unanimité par les membres des Nations Unies auront-ils des chances d’être atteints?
«S’il n’y a pas d’efforts colossaux de tous les acteurs, ce sera impossible. Nous en sommes à mi-chemin du parcours, mais le travail accompli est insuffisant. Dans certains pays, des progrès ont été réalisés, mais dans d’autres, la situation est pire», déplore Mme Laliberté.
Même propos au Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) : «Si ça continue comme ça, la majorité des pays africains n’atteindront pas les objectifs du Millénaire. Il y a eu quelques avancées, en santé par exemple, alors que le nombre de décès à la naissance a légèrement diminué, mais les progrès demeurent très fragiles», affirme Michel Chaurette, directeur général du CECI.
L’atteinte des huit objectifs dépendra beaucoup de la volonté politique des pays du nord à verser les sommes promises, mais également de la volonté des gouvernements des pays du sud à bien cibler les priorités sur lesquelles agir.
«La Tanzanie constitue un bon exemple à ce chapitre. Le gouvernement de ce pays a en effet su améliorer grandement la situation de sa population en instaurant la gratuité scolaire. Ainsi, 3,5 millions d’enfants de plus vont à l’école dans le pays. C’est évidemment une question
de priorité, mais aussi d’aide internationale au développement, car pour pouvoir abolir les frais de scolarité, un gouvernement africain doit avoir suffisamment d’aide de pays étrangers et une certaine constance dans le versement des sommes. Malheureusement, jusqu’à maintenant, bien des pays du nord ne respectent pas leurs engagements, tardent à verser les sommes promises ou les revoient à la baisse, ce qui est catastrophique pour les pays dans le besoin», explique Christine Laliberté.
Plusieurs manières d’agir
Le simple citoyen peut se sentir bien impuissant devant les initiatives annoncées, mais plus ou moins respectées par les pays riches. Pourtant, tous peuvent agir et c’est d’ailleurs ce que demande le dernier objectif du Millénaire, qui consiste à mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Mme Laliberté affirme que chacun peut contribuer à sa manière à l’atteinte de ces objectifs : «Pour un citoyen, cela peut vouloir dire s’engager dans du bénévolat, effectuer un don, consommer de façon responsable en privilégiant, par exemple, les produits équitables.»
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La Semaine de développement international a lieu du 3 au 9 février.
Renseignements : www.acdi.gc.ca/sdi
Toutes les ONG québécoises sont engagées dans des actions qui visent, de près ou de loin, l’atteinte d’un ou de plusieurs objectifs du Millénaire. Pour en savoir plus, visitez la section «membres» du site de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), au www.aqoci.qc.ca
La publication de ce reportage a été rendue possible grâce à l’Agence
canadienne de développement international
(ACDI). |
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