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Actualité et vie urbaine - Éditoriaux
Édito - La pauvreté, un choix politique?
Serge Lareault , Éditeur - 15 janvier 2008

Serge Lareault«La pauvreté est un choix politique». La déclaration de Solène Tanguay, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, lors du lancement de la campagne Mission collective : bâtir un Québec sans pauvreté, en janvier dernier, exprime bien le problème que nous vivons à l’heure actuelle face à l’augmentation du nombre de personnes vivant dans la grande pauvreté et dans les rues de nos villes.

Bien sûr, il s’agit d’un phénomène qui se retrouve dans les grandes villes du monde. Évidemment, il y a un accroissement de la richesse mondiale et on ne comprend pas pourquoi il y a plus de personnes qui se retrouvent à la rue. Cela semble être un non sens mais le fait demeure : des millions de personnes dans le monde décrochent du train effréné de la nouvelle technologie et des conditions actuelles du marché de l’emploi. Ce n’est pas évident de solutionner un problème aussi multidimensionnel. Mais une chose est certaine, la pauvreté est un malaise social qui affecte toutes les couches de la société et il faut se retrousser les manches pour améliorer le niveau de vie des plus pauvres.

Plus que jamais, il importe de dénoncer l’inertie des gouvernements, et particulièrement celui du Québec dans notre cas. Pour le gouvernement Charest, l’itinérance, ce n’est pas important.

À titre d’exemple, c’est le gouvernement fédéral qui finance, depuis 2002, une partie importante des services d’aide aux itinérants, dans le cadre d’un programme qui s’appelle IPLI. Je lève mon chapeau à Ressources humaines et Développement social Canada ainsi qu’aux fonctionnaires de Service Canada qui ont fait des pieds et des mains pour que le financement arrive à temps et qu’il n’y ait pas de coupures de services auprès des plus démunis. En 15 ans, je n’avais jamais vu autant d’efforts, de souplesse et de bonne volonté de la part des employés du gouvernement du Canada. Il faut le souligner et les féliciter. Il s’agit d’un exemple que d’autres instances devraient retenir.

Voici un exemple concret du peu de cas que fait Québec de l’itinérance : le travail sur le plan fédéral a été rendu plus ardu, car une entente Québec-Ottawa devait être signée et le gouvernement Charest se traînait les pieds. Le fédéral était prêt à aller de l’avant mais devait attendre Québec. Ce n’est qu’un exemple qui démontre que la pauvreté n’est pas une urgence pour Québec. Récemment, j’entendais le ministre Couillard, pour lequel j’ai beaucoup de respect, dire que ce n’est pas uniquement les Services sociaux qui pouvaient régler l’itinérance et la pauvreté. Il a bien raison, mais qui prendra le leadership nécessaire? Les Services sociaux? La Solidarité sociale? Le premier ministre lui-même? Une instance interministérielle pourrait rallier les forces vives (et rassembler les différents paliers gouvernementaux) pour que des actions cohérentes puissent être réalisées afin de diminuer les effets de la pauvreté sur l’ensemble de notre société. Il y a tellement de cafouillage au gouvernement, et entre les gouvernements, qu’une simple redistribution efficace des ressources actuelles apporterait de grands changements. Autre exemple probant : laisser des personnes de la rue s’enliser dans la judiciarisation et ainsi augmenter sans cesse les budgets de la Justice, des forces policières et carcérales, est-ce logique? Surtout qu’on pourrait poser des actions qui diminueraient ces coûts sociaux.

Oui, la pauvreté est un choix politique. Si vous en avez assez de la langue de bois de notre gouvernement du Québec, si vous n’en pouvez plus des fausses excuses et des tergiversations, si vous voulez que l’on prenne en considération une problématique qui ne cesse de prendre de l’ampleur, si vous en avez assez que l’on dépense vos taxes sans avoir de projets concrets pour diminuer les effets de la pauvreté, manifestez-vous en signant la pétition nationale du Collectif pour un Québec sans pauvreté. C’est un point de départ essentiel pour manifester votre opinion en-dehors du cycle des élections. Manifestez-vous pour que le message passe. Et s’il ne passe pas, vous saurez quoi faire aux prochaines élections.

***
Pour signer la pétition : www.pauvrete.qc.ca

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