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Chronique Contes et comptes du prof Lauzon
La luminosité du très lucide Joseph Facal face aux pétrolières (1ème partie)
Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des Sciences comptables et titulaire de la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal - 1er juillet 2008

Léo-Paul LauzonDans sa chronique du 25 juillet 2007 du Journal de Montréal intitulée «Théâtre d’été», Joseph veut nous sortir de notre ignorance et qui va nous dire que le prix de l’essence imposé par les transnationales pétrolières arnaqueuses constitue, selon lui : «Un problème impossible à résoudre. En politique, il y a deux sortes de problèmes : ceux qu’on peut régler et ceux qu’on doit "gérer". C’est comme la différence entre un caillou dans le soulier et un mal de dos chronique. Le premier s’enlève. Le second se gère. Fondamentalement, il faut apprendre à vivre avec. Pour nos gouvernements, les hausses du prix de l’essence font partie de la deuxième catégorie.» Merci Joseph de nous expliquer de façon aussi limpide les vraies choses de la vie.

Plusieurs autres pays ont justement réglé le problème et mis au pas ces voleuses de pétrolières, comme je vais très facilement vous le démontrer. Le Canada détient la deuxième réserve mondiale de pétrole et est le sixième producteur mondial et on vient nous dire qu’il n’y a rien à faire. Des transnationales pétrolières étrangères comme Shell, Esso et Ultramar viennent nous voler avec notre propre pétrole et supposément on n’y peut rien. N’oubliez pas que le Canada est un pays exportateur net de pétrole et de gaz naturel, mais il ne nous appartient pas, l’ayant cédé majoritairement à des étrangers, gracieuseté de vos aimables élus préférés.

Joseph Facal aurait dû lire dans son propre journal (Journal de Montréal) cet article paru le 11 septembre 2007 et intitulé «Pétrole : Le Canada sera bientôt dans le peloton de tête», dans lequel les économistes de la Banque CIBC signalent clairement ceci dans leur étude : «Les sables albertains sont d’autant plus attrayants que le Canada est l’un des rares pays où des étrangers peuvent investir sans contraintes. Dans la plupart des autres pays, ces temps-ci, il y a un consensus politique croissant à l’effet que le pétrole et le gaz devraient être contrôlés et exploités par l’État». Ces paroles n’ont pas été prononcées par des socialistes comme moi, que Joseph ne peut pas blairer, mais par des économistes de la Banque CIBC!

La Norvège
Le New-York Times du 4 mai 2007, dans un article intitulé «Norway keeps nest egg from some U.S. companies», nous informe que la Norvège détient déjà 300 milliards de dollars dans un fonds spécial provenant des recettes de l’exportation de leur pétrole, lequel servira à financer les services publics des générations actuelles et futures, et que ce fonds atteindra environ 900 milliards de dollars dans dix ans. En Norvège, le gouvernement a pris le contrôle de cette ressource naturelle stratégique et c’est lui qui mène et non les multinationales étrangères. Ici, au Canada, nos gouvernements ont préféré tout vendre à des étrangers et privatiser entièrement Pétro-Canada.

La Russie
Comme la Russie a repris le contrôle de son pétrole et de son gaz naturel et des énormes profits qui viennent avec, le titre de cet article du Devoir du 27 juin 2006 dit tout : «De pays pauvre à pays prêteur. Des États émergents, comme la Russie et le Mexique, remboursent leur dette en bloc et deviennent eux-mêmes des créanciers». N’oublions pas que le Mexique a signé lui aussi le traité de libre-échange avec le Canada et les États-Unis et que, contrairement au Canada, il a refusé d’inclure son pétrole et son gaz dans ledit traité.

Amérique du sud
Voici le titre d’un autre article récent du Wall Street Journal, paru dans le Journal de Montréal du 27 septembre 2007, «Le réveil spectaculaire d’un géant», qui est consacré à Petrobas, la société d’État pétrolière du Brésil. Ailleurs, le Nicaragua ne possède pas beaucoup de pétrole, comme le Québec, mais il vient de décider de construire une raffinerie qui sera contrôlée majoritairement par une société d’État en partenariat avec la société d’État nationale du Venezuela, la compagnie Petroleos de Venezuela (PDVSA). Ici, au Québec, on pourrait faire la même chose.
 
Vous voyez bien mes amis que contrairement à ce qu’affirme Joseph Facal, nos gouvernements peuvent intervenir de plusieurs façons pour arrêter rapidement cette exploitation de la population québécoise et canadienne faite par des transnationales étrangères, qui non seulement ont accaparé notre pétrole, mais qui ont aussi le culot de venir nous voler en nous vendant notre propre pétrole au gros prix et en rapatriant chez eux à l’étranger le fruit de leur larcin commis ici avec la bénédiction de nos gouvernements, qui en rajoutent en les inondant de subventions et en baissant leurs impôts. 

Pour terminer, une «drôle» de nouvelle juste pour mon lucide préféré parue le 28 mai 2007 dans Business Week, la revue d’affaires la plus vendue aux États-Unis, sous le titre : «Exxon Mobil : Pumping Cash, not oil»!

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