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Actualité et vie urbaine -À la une

Patrick Norman, six cordes de bonheur
Josée Louise Tremblay , journaliste de rue www.joseelouise.com - 1er avril 2010


Josée Louise Tremblay On m’avait dit qu’il était généreux et sympathique. J’ai été comblée! Entre deux répétitions pour l’émission Belle et Bum, Patrick Norman a gentiment accepté de me rencontrer au restaurant L’Unique. Avec une certaine réserve, il m’a notamment raconté un peu de son enfance et le besoin qu’il avait de rendre hommage à son père avec l’album Where I come from, reprenant des succès de l’icône du country américain Hank Williams.

Patrick Norman
Patrick Norman.
Pour connaître les dates des spectacles :
www.patricknorman.ca
Photos : Jean-Charles Labarre
Depuis plus de 40 ans, Patrick Norman a su conserver sa passion pour la musique. Ses débuts difficiles lui font apprécier encore plus la vie et le bonheur qu’il ressent en faisant ce qu’il aime et qu’il sait si bien partager aujourd’hui.

La première idole de Patrick Norman, de son vrai nom Yvon Éthier, a été son père. C’est lui qui lui a transmis sa passion pour la musique et son désir de jouer de la guitare. «Lorsque mon père prenait sa guitare, y’avait rien pour m’empêcher de tourner autour. J’étais trop petit pour jouer de l’instrument, alors je prenais le pick et je grattais les cordes et lui, il faisait les accords. On chantait des chansons de ses idoles du début des années 1950. Son meilleur était Hank Williams», raconte-t-il, le regard empreint d’émotion. Depuis plusieurs années, Patrick rêvait de rendre hommage à son père en chantant Hank Williams. L’homme aurait eu 85 ans en février. «Mon père est décédé en 1999 et je tenais mordicus à ce que l’album soit lancé pour son anniversaire.

Le moment de se mettre à l’œuvre est survenu l’été dernier, lorsque Patrick a pu se libérer pour enfin réaliser le projet qu’il mijotait depuis longtemps. L’artiste a appelé Gilles Valiquette, son fidèle collaborateur et réalisateur de plusieurs de ses disques. Il lui a demandé de l’aider à réaliser Where I come from. «Gilles a pu se libérer et nous avons sauté dans l'avion pour nous rendre à Moncton. Je tenais à faire cet album avec les musiciens de l’émission Pour l’amour du country, que j’anime depuis l’an 2000 à Radio-Canada. Ces gars-là connaissent le style de Hank Williams sur le bout des doigts. On n’a pas besoin d’expliquer et on sauve beaucoup de temps», ajoute-t-il.

Le cadeau
Patrick Norman s'est remémoré plusieurs souvenirs en créant cet album. Selon lui, Hank Williams est l’icône du country et est aussi un incontournable de ce genre musical : «Il est décédé à 29 ans et avait l’air d’un vieillard à cause de toutes sortes d’abus comme l’alcool et les drogues dures. Pourtant, il a laissé en héritage des centaines de chansons, qui ont été chantées par les plus grands de la planète. C’est incroyable! Quiconque a eu une guitare dans ses mains est passé par Hank Williams à un moment donné dans sa vie.» Il est vrai que presque 60 ans après sa mort, les chansons de l’artiste se chantent encore.

À 63 ans, Patrick Norman a toujours le feu sacré de la musique. «Je carbure à la musique. Ça m’énergise», ajoute-t-il, passionnément. La musique country, ça n’est pas une mode. C’est là depuis longtemps. Ça fait partie de nous, les Nord-Américains. C’est maintenant dans notre inconscient collectif. C’est un métissage de plein de genres musicaux et ça parle de cœur à cœur.»

La notoriété ou le fait d’être une star n’a jamais été une motivation pour l’artiste. Son seul désir a toujours été de jouer de la musique. Comme beaucoup de musiciens, il a connu la pauvreté et a déjà songé à abandonner. «Quand t’es rendu à 35 ans et que tes parents te mettent encore de la bouffe dans le frigo, tu remets tes choix en question.» Pour survivre, Patrick a dû faire mille et un petits boulots. Il a notamment travaillé dans une usine de Bovril. «Il fallait que je passe par cette pauvreté, parce que ça a débloqué le processus d’écriture qui sommeillait en moi. Quand j’ai traversé cette période de noirceur, j’ai senti le besoin d’écrire. C’était un mal nécessaire.»

L’artiste considère que toutes ses expériences l’ont nourri et il n’a aucun regret. «Je suis fier de mon parcours, mais il y a des choses que je ne voudrais jamais revivre», dit-il, sagement.

En 1984, le succès de la chanson Quand on est en amour propulse Patrick Norman au sommet de la popularité. «J’avais peut-être tendance à être mal perçu quand j’étais plus jeune. Mon énergie était plus diffuse et je tentais de plaire à tout le monde. Quand tu fais ça, t’as tendance à te diluer et tu n'as pas de cibles précises», raconte-t-il. À un certain moment, on l’a même convaincu de lâcher sa guitare. «Essayez donc de faire ça aujourd’hui!» réplique-t-il par défi. Pour l’artiste, la guitare fait partie intégrante de sa personnalité. «Quand j’ai arrêté d’essayer de plaire et que j’ai retrouvé le plaisir de faire ce que j’aime – jouer de la guitare –, c’est là que tout s’est mis en place.»

Ses engagements sociaux
Patrick Norman est végétarien et s’engage auprès de la Société protectrice des animaux chaque année. «Si je ne le fais pas, qui le fera? Je pense que combattre la violence, ça commence dans notre assiette.» Selon lui, notre comportement alimentaire provoque souvent les situations que nous vivons. Il précise que 90 % des céréales cultivées dans le monde sont destinées à nourrir les animaux. «Ça prend 15 livres de céréales pour produire une livre de viande. On nourrit davantage de gens avec 15 livres de céréales. Si les gens étaient moins violents dans leur assiette, ils auraient une bien meilleure vie», dit-il, convaincu.

L’intolérance et l’indifférence des gens sont ce qui le met le plus en colère.
«On n’est pas capable de se sortir de la tête que ça n’est pas nécessaire de manger de la viande et des produits animaux tous les jours. Il y a d’autres façons de se nourrir. Je ne dis pas qu’il ne faut pas manger des animaux. Je mange de l’orignal parfois, mais cette bête-là a eu une vie avant de mourir. Elle n’a pas été élevée dans un enclos ou comme certains animaux d’élevage qui n’ont jamais vu le soleil.» Patrick ajoute que ce n’est pas parce qu’il a de la compassion pour les animaux qu’il n’en a pas pour les humains. Selon l’artiste, l’industrie de la viande est reliée à toutes sortes de maladies humaines et de problèmes sociaux. «Dans l’industrie, il y a des abus. S’il y a des gens qui n’ont pas de compassion pour les animaux, ils n’en ont pas davantage pour les humains.»

Et vous, qu’en pensez-vous ?
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