| Concours des journalistes de rue 2009 |
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Écrire haut et fort
Jérôme Savary, adjoint à la rédaction - 1er février 2010
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À la fois forts en gueule et sensibles, cinq camelots et journalistes de rue ont récolté les honneurs lors de la sixième reprise du Concours des journalistes de rue de L’Itinéraire, qui s’est tenue lors de la soirée de Noël de notre organisme, le 21 décembre dernier au Lion d’Or. Des larmes ont coulé, des rires ont éclaté
et les cœurs se sont gonflés d’une estime de soi ragaillardie.
Un événement qui fait du bien!
Et qui sont les heureux élus? Les textes de Lynne Paquette (camelot au métro Honoré-Beaugrand), Micheline Rioux Lemieux, Cylvie Gingras, Quapryce Basque et Michel St-Amand (camelot à l’angle de l’avenue du Mont-Royal et de la rue de Lanaudière) ont été choisis cette année par un jury de choc composé de la romancière Monique Proulx, “supporter” indéfectible de la prise de parole des camelots, et de Brian Myles, journaliste au quotidien Le Devoir et président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.
Parole unique
«Voilà une parole coup-de-poing, quelque chose de vrai et de brut, sans fioritures. L'écriture, c'est aussi ça: une force de frappe, une vérité qui cingle», a dit Monique Proulx à propos du texte de J’ai ma place de Michel St-Amand, lorsqu’elle lui a remis, ex æquo, le prix Alacatraz du meilleur mot de camelot. Elle en a profité pour souligner l’importance de la prise de parole des camelots, qui marque très souvent l’esprit du lecteur par sa fulgurance et son honnêteté.
Brian Myles a de son côté rappelé la place importante qu’occupe notre magazine dans le paysage médiatique québécois. Lui aussi a justifié ses choix. «Les images sont percutantes, mais il n'y a pas de voyeurisme. Le chagrin de l'auteure est palpable, mais il y a une dose d'espoir. […] Lynne Paquette nous ouvre une fenêtre sur un monde; elle nous amène aux portes d'une réalité que nous pouvons désormais mieux comprendre, à défaut de l'avoir vécue», a-t-il dit au sujet du texte La chance d’être belle de Lynne Paquette qui a elle aussi reçu le prix Alcatraz.
Dans la catégorie chronique, Quapryce Basque et Cylvie Gingras se sont partagés le prix Jean-Pierre-Lizotte. Voici ce que Monique Proulx a dit du texte Passage à vide de Cylvie : «Cylvie sait comme personne transformer une descente aux enfers en voyage initiatique vers la beauté.» Et voici pour Quapryce : «Hugues Jutras [de son vrai nom] réussit, par cette chronique sous forme de jeu de miroirs, à communiquer la détresse qui a envahi Nelly Arcand. Une détresse qui lui est trop familière. Le texte est court, concis: il va à l'essentiel, soit de rendre hommage à l'œuvre de cette auteure grandiose», explique le journaliste du Devoir.
Enfin, Micheline Rioux Lemieux a raflé seule la mise dans la catégorie «Meilleure entrevue» en quittant la soirée avec le prix Claude-Brûlé sous le bras pour son entrevue avec Louise Forestier intitulée Sereine et lucide. «Je croyais connaître à fond Louise Forestier : eh bien non, Micheline nous dévoile des pans vibrants de la colère et de la dignité de l'artiste, dans une écriture précise et bien ficelée. Bravo», félicite Monique Proulx.
Citons également les cinq autres camelots en nomination pour des prix, dont leurs textes ont aussi retenu l’attention de la rédaction : Yvon Massicotte (camelot sur le chemin de la Côte-des-Neiges), Hélène Ouellette (camelot à l’angle de l’avenue du Mont-Royal et de la rue de Bordeaux), Jean-Marie Tison (camelot à l’angle des rues Saint-Denis et de Maisonneuve), Josée Louise Tremblay (camelot devant la Maison de Radio-Canada) et Norman Rickert (camelot au métro Édouard-Montpetit et devant la pharmacie Pharmaprix de l’avenue Van Horne).
Encore une fois, le Concours des journalistes de rue, initié il y a six ans par la rédactrice en chef Audrey Coté, a été l’occasion d’apprécier la justesse, la sensibilité et la vigueur des textes produits par les camelots et les journalistes de rue dans L’Itinéraire. Ceux-ci continuent plus que jamais à faire de notre magazine un média unique à Montréal.

PhotoS : Bruno Ricca |
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