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Actualité et vie urbaine - Éditoriaux
Édito -
Adopter la monitrice d’un petit Philou
Audrey Coté, rédactrice en chef - 15
juin 2010
Ils sont souvent épuisés et plusieurs ont du mal à joindre les deux bouts. Les parents d’enfants handicapés assument de lourdes responsabilités et s’appauvrissent pour prendre soin de leur petit trésor. Heureusement, certains peuvent prendre quelques jours de vacances grâce au Centre de répit Philou, mis sur pied par la maman du petit Philippe, dix ans, atteint de paralysie cérébrale sévère.
Philou et sa maman, diane chênevert
Photo : centre de répit philou
C’est en déplorant l’absence de ressources spécialisées pour les parents d’enfants lourdement handicapés que Diane Chênevert a quitté son poste de cadre chez BCE pour fonder avec son mari Le Centre de répit Philou. Malgré le fait que le gouvernement du Québec ne finance pas sa maison de répit, cette mère a trouvé le courage de retrousser ses manches et de frapper aux portes des entreprises et des gens comme vous et moi pour financer son service de répit pour les parents qui, comme elle, prennent soin d’un enfant lourdement handicapé.
Depuis cinq ans, le Centre de répit Philou, situé dans l’arrondissement Outremont/Côte-des-Neiges, permet aux parents de reprendre leur souffle. Il s’agit du seul centre au Québec en mesure d’accueillir des enfants lourdement handicapés. Les enfants qui séjournent chez Philou sont aimés, cajolés et stimulés dans le cadre de diverses activités physiques, ludiques et artistiques. «Le vrai répit, soutient Mme Chênevert, c’est de savoir qu’on n’abandonne pas son enfant dans un endroit où il sera malheureux et de constater que c’est aussi des vacances pour lui.»
Même si le Centre de répit Philou accomplit de petits miracles, sa cause n’est pas facile à vendre. Dans une société obsédée par la performance, où triomphe l’insipide dialectique gagnant/perdant, il est plus facile d’amasser des fonds pour des enfants cancéreux ou démunis qui ont des chances de guérir ou de s’extraire du marasme d’un milieu défavorisé. «Aider un enfant en fauteuil roulant qui a les dents croches et qui bave n’est pas tellement sexy dans une société axée sur le culte de la beauté à tout prix. On s’attache au superficiel, peu importe ce qu’il y a en-dedans. Pourtant, la vie, c’est beaucoup plus grand que ça. Quand on voit le courage, la volonté de surpasser la souffrance pour continuer de vivre et l’amour inconditionnel de ces enfants, on remet en perspective bien des choses, à commencer par nos petits bobos. Et il n’y a plus de place pour l’apitoiement sur soi», témoigne éloquemment la fondatrice du Centre de répit Philou.
Consciente de la difficulté des parents (souvent des mères monoparentales) à joindre les deux bouts, Mme Chênevert n’exige pas d’argent pour prendre soin des petits handicapés. Seuls 50 % d’entre eux sont en mesure de faire des dons à l’organisme à but non lucratif. De plus, comme le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec ne finance pas le Centre de répit Philou, son équipe doit faire preuve de créativité pour assurer ses services en tout temps, tout au long de l’année. Actuellement, 26 monitrices, toutes étudiantes en sciences de la santé, travaillent à temps partiel chez Philou. Le principal problème de financement du centre de répit? «Les gens ou les entreprises sont réticents à faire des dons pour financer des salaires, mais le personnel constitue l’âme et le cœur d’un centre de répit comme le nôtre», plaide Mme Chênevert.
Sans monitrices, le Centre n’existerait pas. C’est pourquoi le Centre de répit Philou propose aux particuliers et aux entreprises d’adopter une monitrice en faisant un don de 15 $. Ce montant correspond au salaire à temps partiel d’une étudiante en sciences de la santé. Les donateurs qui le souhaitent peuvent rencontrer leur monitrice au Centre et ainsi constater de visu l’impact de leur don sur la vie des parents et des enfants. Adopter la monitrice d’un petit Philou : un filon insoupçonné qui mène vers l’altruisme désintéressé, le plaisir d’améliorer la qualité de vie de parents et d’enfants qui en ont besoin.
Pour adopter une monitrice : www.centrephilou.com
ou au 514 739-4861
Lisez également l’article Philou grandit à la page 38 de l'édition du 15 juin.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
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