Maxime Plamondon
Camelot métro Viau
Il y a cette chanson de Claude Dubois qui m’a suivi, surtout ces paroles en particulier :
Si Dieu existe
Et qu’il t’aime comme tu aimes les oiseaux
Comme un fou, comme un ange
Je me rappelle bien ce début du mois de septembre. Je sortais de L’Accueil Bonneau pour me diriger vers le bord de l’eau. J’étais devant cet immense néant que j’avais laissé après avoir tout saccagé encore une fois, tant par mon caractère de merde, par ma détresse, par ma maladresse, que par peur de ce qui est bon, ayant cette conviction profonde d’avoir égaré mon droit au bonheur dans ma quête constante pour la survie.
Ma maison sur le dos, j’entendais ces paroles :
Personne, il n’y a plus personne
Mon âme dégringole
Tous mes sens m’abandonnent
Je ne sais pas si j’ai peur
J’avais perdu confiance en la mort. J’avais perdu confiance en la vie. Je me suis dit : « Et si j’étais né manchot, les gens verraient ma différence. Mais je suis si seul avec cette entité invisible qu’est la maladie mentale que j’en viens parfois à penser que je suis un être fondamentalement faible. »
Se pardonner, je vous promets de partager avec vous la recette si je la trouve. Ce que je sais, c’est que c’est un combat constant. Il ne s’agit pas de tout effacer, de nier ses torts, mais de chercher à les comprendre.
Personne n’évolue par peur d’être condamné. Cette laideur, ces vices, trouveront le moyen de faire retentir l’écho de leur existence. Pourquoi ne pas les écouter et leur offrir cette compassion si rare dans une société où le jugement règne en maître.
En ce matin du mois de septembre, le bord de l’eau commençant à se voir déserté par les naufragés de la nuit, je les ai chantées à tue-tête, ces paroles de Claude Dubois, comme une prière, comme une promesse à mon être.
J’ai ressenti de la délivrance et même une certaine sérénité. Je n’ai toujours pas saisi cette étoile irréelle qu’est le pardon, mais chercher à la trouver n’est-il pas déjà un acte de dignité envers soi-même ? Chose certaine, je me battrai jusqu’à la dernière minute où je serai reçu… comme un fou, comme un ange.
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