Depuis plusieurs années, L’Itinéraire est partenaire de l’exposition mondiale de la presse photographique, le World Press Photo. Jusqu’au 12 octobre seront exposées au Marché Bonsecours les réalités de notre monde.
Pour nous les faire connaître et en faciliter leur compréhension, de nombreux artisans travaillent, appareil photo à la main, caméra sur l’épaule, carnet de notes ouvert, dans des conditions qui vont d’optimales à dangereuses.
Et cette année, la liberté de la presse que défend l’organisation de l’Expo World Press en a pris un coup. Selon Reporters sans frontières (RSF), plus de la moitié des pays du monde offrent des conditions d’exercice du métier de journaliste de plus en plus difficiles. La liberté de la presse est mise à mal. D’où la photo en première page de L’Itinéraire : Manifestations propalestiniennes à l’Université Columbia, du photographe indépendant Alex Kent.
À propos de la une
Sur ce visuel (inclus dans l’exposition) : les mains attachées sont celles de Jesse Pearce, « ancienne élève du Barnard College, […] arrêtée à l’extérieur de la cérémonie de remise des diplômes de l’Université Columbia, peut-on lire dans le descriptif de la photographie […]. »
Cette image vaut mille mots. Elle reflète l’état de la liberté de la presse aux États-Unis, soumise à de fortes pressions politiques, économiques et législatives. « De nombreuses universités américaines se sont retrouvées au coeur d’un conflit national autour de la liberté d’expression et de l’indépendance des institutions […], continue-t-on de lire dans le descriptif de la photo. »
La liberté de presse au Canada
Sans surprise, le Canada compte parmi les régions les plus sécuritaires pour les journalistes. Ce qui ne garantit en rien un milieu sans enjeux. « Dans l’ensemble, cependant, le nombre et la diversité des médias sont en baisse, rappelle RSF. Les Canadiens ont perdu au moins 603 médias entre 2008 et 2025, selon un rapport du Local News Research Project (projet de recherche sur l’actualité locale). Les organisations médiatiques à but non lucratif se heurtent souvent à des obstacles administratifs, car elles ne sont pas reconnues comme des acteurs médiatiques majeurs par les organismes publics. »
En 2026, 22 journalistes ont été tués dans le monde, 137 ont disparu, 475 sont détenus et 16 sont encore pris en otage.
« Rien n’est jamais définitivement acquis. Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez rester vigilantes. » Cette célèbre déclaration de Simone de Beauvoir concernant les droits des femmes vaut malheureusement pour l’ensemble de droits fondamentaux, dont celui de la presse.
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