Le mois d’octobre en est un chargé : 37e édition de La nuit des sans-abri dans la soirée du 16, Journée mondiale de l’itinérance le 10, préparation de la Ville et des organismes au déploiement des haltes-chaleur que tous souhaitent en grand nombre pour absorber la demande dès les premiers froids. En hiver, l’un des objectifs est d’éviter les morts, mais la crise sociale est grande.
Et les victimes de cette crise, ceux et celles qui en décèdent, n’ont parfois que peu d’écho. Notamment les décès silencieux sous les toiles de tente des campements… des lieux que l’on ne traverse pas.
Ces personnes, lorsqu’elles ne sont pas réclamées, on « honore » leur vie lors de cérémonies de sous-sols d’église, à l’abri des regards.
Rendre visibles les décès en itinérance
Un projet de recherche en mémoire des décédé·e·s en situation d’itinérance a été lancé en 2024 et se poursuit. Les premiers résultats sont très clairs : « Au Québec, il demeure difficile d’obtenir un portrait clair des décès survenus en situation d’itinérance. » C’est principalement le bureau du coroner qui réalise ce travail. Notre journaliste Yann Lenzen dresse le portrait de ces professionnels hors du commun en page 24. Sans être représentatifs de la mortalité en itinérance au Québec, les premiers résultats du projet de recherche Mortalité itinérance dénombraient 400 décès entre 2020 et 2024.
Quant au Coroner en chef du Québec, ce dernier a demandé une enquête publique en avril 2026 à la suite de la mort de cinq personnes en situation d’itinérance : Jennifer De Nobile, 30 ans (septembre 2025 ), Marie Soleil Nantais, 46 ans (octobre 2025), Valmont Brousseau, 71 ans, Alain Paris, 55 ans et Serge Martin, 57 ans (mars 2026 ).
« Dans un contexte où les décès chez les personnes en situation d’itinérance sont en hausse, une réflexion approfondie s’impose pour faire face aux enjeux humains et sociaux qui sont en toile de fond », déclarait dans le communiqué de presse de la demande d’enquête, le coroner en chef, Me Reno Bernier.
La première audience est prévue fin novembre.
À l’approche de la Toussaint
À L’Itinéraire nous avons coutume d’accrocher la carte d’identification des camelots qui nous ont quittés sur un tableau, au Café Monsieur Paul.
Récemment, Richard Vollrath, camelot au métro Saint-Michel et au coin des rues Sherbrooke et Bossuet, est décédé. Qu’il repose en paix.
Vous venez de lire l’éditorial du 15 octobre 2026. Pour lire l’édition intégrale, procurez-vous le numéro de L’Itinéraire auprès de votre camelot ou abonnez-vous au magazine numérique.


