Depuis la mi-juin, le Musée ilnu de Mashteuiatsh parle de spiritualité. Ce lieu de mémoire, à deux pas de la véloroute des bleuets, qui permet de faire le tour du Pekuakami (Lac Saint-Jean), existe depuis 1983. Néanmoins, il aborde pour la première fois et ouvertement ce spectre de la vie pourtant si présent chez la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh. De là est née l’idée de donner la parole à quelquesun.e.s de ces membres qui ont renoué avec la spiritualité, chacun à leur manière. Série de portraits.

Mendy Valin, la guérison

La jeune femme s’est plongée dans la spiritualité innue avec sa famille après le décès de son père en novembre 2025. Une découverte qui lui permet de « prendre soin des personnes parties trop tôt ».

Après l’accident, rapidement, un feu sacré est organisé en l’hommage de son père. « C’est un feu qui reste allumé 24 heures. Tout le long, nous faisons des offrandes. Toute la communauté est invitée à venir déposer ses pensées », raconte Mendy Valin. Quand une personne décède, dans la spiritualité innue, cela prend 10 jours pour que l’esprit revienne sur terre. « Pendant ce temps, réaliser un feu sacré permet aux esprits de venir nous voir », décrit-elle.

Devenir une meilleure personne

Dans cette forme de spiritualité, il faut accepter de laisser partir ses proches décédés. Aussi longtemps que la personne est retenue, elle ne pourra pas accéder à la lumière, au monde des esprits. Cela nuit à l’esprit de la personne défunte. « Personnellement, j’ai eu de la misère à laisser partir mon père. Dans son cas, il y a encore des gens qui le retiennent », raconte Mendy Valin.

Tous les jours, Mendy a ses rituels qu’elle réalise souvent après le lever et avant le coucher. La jeune femme se purifie avec du tabac ou de la sauge. Elle pratique également l’ancrage. C’est une forme de méditation qui vise à se connecter avec la terre, avec son environnement. « Je m’enracine dans notre planète pour que mon esprit reste dans mon corps et que je puisse avancer », détaille-t-elle.

Dans les moments difficiles, elle se berce elle même. L’objectif est d’apporter de l’amour à son enfant intérieur, à la partie d’elle touchée par ses traumatismes. Ces actes de spiritualité lui ont permis de guérir, de prendre confiance en elle et de s’aimer. « Le plus gros changement pour moi a été ma manière de penser. Chacun a son bagage, une personne peut être méchante par rapport à ce qu’elle a vécu. Avant de connaître la spiritualité, j’étais plus dans le jugement », conclut la jeune Innue.

« La spiritualité est tout ce que ton corps ne comprend pas. Elle est aux alentours de nous autres, ça touche aussi les animaux. C’est aussi une façon de guérir. » – Mendy Valin

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À propos de l'auteur

Virgile Revelle

Journaliste stagiaire