Deuxième semaine du mois de juillet. Nous sommes aux Bergeronnes, en camping, non loin du Cap-de-Bon-Désir d’où l’on peut observer librement les rorquals, bélougas et marsouins du Fleuve.
L’« effet camping »
Il est près de 4 h. Une lumière bleutée rend perceptible l’intérieur de la tente. Une petite déception d’être éveillée de trop bonne heure se fait sentir ; le sablier des vacances s’écoule depuis si peu de jours.
C’est l’« effet camping », diront certains qui, – en vacances – dorment sous une toile de tente translucide. J’aime plutôt parler de respect du cycle circadien, autrement appelé horloge biologique, forcé tout au long de l’année par les obligations familiales, professionnelles ou encore les changements d’heures saisonniers imposés par la roue économique.
Une science étudie ce rythme naturel et les conséquences du fonctionnement sociétal sur lui : la chronobiologie. Ces dernières années, cette discipline a le vent en poupe sachant le rôle de ce cycle sur la santé humaine et les nombreuses maladies liées à sa perturbation.
En congé et sans montre pendant plusieurs jours, l’horloge biologique interne occupe la scène avec comme grande finale, un mieux-être général : disparition de la sensation de fatigue, facilité à digérer, meilleure humeur, plus de patience, diminution des tensions musculaires. Et tout ça chez les grands comme chez les petits. Une expérience qui porte à réflexion.
À son rythme
À Montréal, la majeure partie des travailleurs sont de retour après avoir (pour beaucoup, je le souhaite) expérimenté les bienfaits du respect de notre rythme naturel. Et pour conserver cet état de bien-être, la recherche apporte un cadre. Si le respect de ce cadrer imposerait une réorganisation sociale complète aux allures d’utopie, il est toujours intéressant d’en définir les contours.
Idéalement, il faudrait se réveiller en même temps que le soleil, ou un peu après, été comme hiver ; laisser une bonne heure à son corps avant de manger, pour la régulation du taux de cortisol et de mélatonine. Vers 20 h 30 l’été, au coucher du soleil, commencer à réduire la luminosité et faire des activités calmes – sans écran – les trois heures précédant le coucher. Enfin prendre ses repas dans les 11 heures qui suivent le réveil. Quant à l’hiver, pour feindre l’heure estivale du coucher de soleil, la luminothérapie serait-elle utile dès 16 h jusqu’à 20 h 30 environ ?
Évidemment, adapter la durée de travail mensuellement en fonction de celle du jour serait un idéal. Cela reviendrait à travailler entre quatre à sept heures par jour selon le mois de l’année, soit 1526 heures par an. En moyenne, une personne à 35 h par semaine qui dispose d’un mois de vacances réalise environ 1668 heures de travail par an. Une différence de 142 h ou 20 jours de travail… Peut-être pas si infaisable.
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