« Sur la carte, nous sommes une île, mais le vécu montréalais, c’est plutôt d’habiter une ville », estime Rodolphe Gonzalès, coauteur d’une nouvelle étude sur l’enclavement des eaux publiques du Québec. Si la métropole dispose de nombreux kilomètres de berges publiques, à quel point les Montréalais·e·s y ont-ils vraiment accès? Intrigué par d’éventuelles fractures territoriales, L’Itinéraire a entrepris le tour de l’île à vélo. Alors qu’une partie de l’Est est accaparée par le port et les industries, l’Ouest voit une large portion de ses rives privatisée par les résidences de luxe de Senneville et de Baie-D’Urfé. Au Sud-Ouest, Verdun et LaSalle offrent un modèle d’accès plus démocratique. Voyage visuel au cœur de ces trois réalités antagonistes, commenté par Rodolphe Gonzalès et André Bélanger, directeur de la Fondation Rivières.

L’est de l’île : Le port et l’industrie comme principaux obstacles
Du Vieux-Port jusqu’à l’Est de Montréal, le fleuve Saint-Laurent semble hors d’atteinte, masqué par un horizon de grillages, de grues, de conteneurs et de réservoirs pétroliers. À cela s’ajoutent les défis environnementaux. Bien que la qualité de l’eau se soit grandement améliorée au fil des ans, le secteur souffre encore d’une contamination historique des sols qui contraint les autorités à interdire la baignade par précaution.
Îlot de verdure dans un paysage majoritairement industriel, le parc de la Promenade-Bellerive offre toutefois un accès précieux au fleuve. Un espace né grâce à une mobilisation citoyenne contre les projets d’extension portuaire dans les années 1970 et 1980. Témoin de cette histoire sociale et politique mouvementée, le parc présente aujourd’hui au visiteur l’étonnant spectacle de la rencontre entre usages récréatifs et logistiques, à l’image de ce pêcheur qui tend sa ligne au passage d’un cargo.

Des kilomètres de berges publiques inégalement réparties
André Bélanger : « La particularité, c’est qu’à Montréal, il y a plus d’accès public qu’en région. Mais les statistiques cachent de grandes inégalités. Quand on est dans l’Est, toute la section du port de Montréal est inaccessible et invisible. »

Photos : Yann Lenzen
Vous venez de lire un extrait du dossier Société : L’accès à l’eau au Québec (partie 2), publié dans le magazine du 1er août 2026 de L’Itinéraire. Pour lire l’édition intégrale, procurez-vous le numéro de L’Itinéraire auprès de votre camelot ou abonnez-vous au magazine numérique.



