Maxime Valcourt vend L’Itinéraire au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) et au Théâtre du Rideau Vert depuis 30 ans. Il en a vu passer du monde et il en a distribué des magazines! Il fait désormais partie du décor de ces institutions incontournables du 6e art, où il n’est pas rare de croiser célébrités et personnalités publiques.

Après des rencontres marquantes avec Mitsou, Lorraine Pintal, Louise Portal, Luc Guérin, Geoffrey Gaquère et Benoit McGinnis, Maxime s’est assis à la même table que Rémy Girard, un acteur qu’il souhaitait rencontrer depuis longtemps. Ensemble, les deux « workaholic » ont discuté de ce qu’ils font de leur temps libre, des rôles marquants de Rémy au grand et au petit écran, de son dévouement comme père monoparental d’un enfant « super handicapé » pendant une bonne partie de sa vie, et de l’importance d’avoir eu de bons parents.

Maxime : J’apprécie vraiment de te voir Rémy. Je sais que t’es bien occupé, tu es toujours en tournage partout. Je te demande souvent, quand on se croise au TNM, de venir me voir à L’Itinéraire, merci d’être là!

Rémy : Le TNM, c’est presque notre deuxième maison.

Maxime : Les gens, quand ils vont lire ça, vont me dire : « Tu as réussi à pogner Rémy Girard! » (Rires.) Plus sérieusement, j’aime l’univers des théâtres. Je suis un bum pis je suis accepté des artistes, ce n’est pas croyable quand j’y pense. Qu’il fasse 40 °C ou -30 °C, je vends à la même place le magazine depuis 30 ans. Je me souviens que Robert Lepage, un jour, m’a dit : « Rentre te réchauffer, voyons donc, tu gèles dehors. » Mais je m’y suis habitué, ça m’dérange pas, je suis travaillant.

On a l’impression que Rémy Girard fait partie de la famille, au Québec. Mais on te connaît très peu. Qu’est-ce que tu fais dans tes temps libres, en dehors des projecteurs?

Rémy : J’ai toujours été discret. On a souvent, par exemple, voulu prendre des photos de moi et de mon fils. J’ai un enfant super handicapé. Je me souviens, un jour on était venu à la maison pour un reportage. À un moment donné, mon fils est arrivé de l’école, je suis monté pour faire sa routine, changer sa couche, le préparer pour le souper. La gang du reportage m’a demandé s’il pouvait filmer ça. Je leur ai dit de se cacher parce que dès qu’il y a un kodak, mon gars n’aime pas ça.

Il s’est mis à chanter No me moleste mosquito, il l’a connaît par coeur. L’équipe de tournage voulait utiliser ça pour le reportage. Je leur ai dit : « Ça va vous coûter cher de droits ça ! (Rires.) » Mais pour décompresser, j’écoute de la musique. J’ai beaucoup de vinyles, même si je viens de faire du ménage là-d’dans. J’ai envoyé ça à la boutique 33 tours. C’est ma place de prédilection. Faut pas que j’rentre là, c’est dangereux. (Rires.)

Mon frère, en plus d’être mon grand chum, est chef d’orchestre. Quand on se voit, on parle de musique, je lui fais découvrir de nouveaux trucs. Le paradoxe c’est qu’il n’a pas le temps d’en écouter tant que ça ! C’est comme moi, j’écoute pas vraiment la télévision, je suis plus occupé à être dedans qu’à la regarder.

Mon fils aussi est un maniaque de musique. Je me souviens, quand il était dans sa petite boîte à l’hôpital, avec des tubes partout accrochés sur lui, j’attrapais son petit pied et je lui chantais des chansons. À un moment donné, je l’ai vu sourire.

J’ai appelé l’infirmière : « Hey, regardez, il sourit! » Elle m’a dit que ça ne se pouvait pas un bébé prématuré qui sourit. Elle l’a vu sourire aussi, elle a appelé les autres infirmières : « Il sourit, il sourit! » C’est comme ça que je l’ai ramené dans le monde, à ma manière. Avec la musique, j’ai réussi à lui apprendre à parler. Son gros passe-temps aujourd’hui, c’est d’apprendre des chansons. Quand je rentre, la première chose qu’il me demande généralement c’est : « Est-ce que tu veux chanter avec moi? » Pour le reste, la conversation est impossible. Mais il est de bonne humeur, il ne sait pas qu’il n’est pas normal, lui.

J’ai aussi collectionné les radios anciennes pendant des années. J’avais 150 radios qui couvraient la période de 1921 à aujourd’hui. Cette collection va se retrouver prochainement à la future Maison de la chanson.

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Maxime Valcourt, camelot

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