Je regarde par ma fenêtre de bureau et sous le pont Jacques-Cartier, des tentes sont érigées puis démantelées la semaine suivante. Au même endroit, un gars dort en plein jour dissimulé dans son sac de couchage avec comme tout abri le pont et un vieux parapluie accoté sur une poubelle pleine à craquer.
Des campements de personnes itinérantes, il en surgit un peu partout dans la ville. Et le pire dans tout ça, c’est que de nouveaux venus viennent gonfler leurs rangs, des petits travailleurs qui n’ont pas réussi à trouver un appartement abordable. On crie à la pénurie de logements, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Il y en a des appartements, mais ce n'est pas tout le monde qui peut se payer un 4 ½ à 1 500$ par mois.
D’autres vont plier bagage pour sortir de Montréal, devenue trop chère pour leurs moyens. Où vont-ils? Saint-Jérôme? La Prairie? Dans la troisième couronne? Là aussi les loyers ont grimpé…
Les plus chanceux pourront demeurer sur l’île, mais très loin de leur quartier où ils ont vécu, où leurs enfants sont allés à l’école, là où ils avaient une vie. Déracinés.
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