Le lendemain de la Journée nationale des patriotes, nombreux étaient les adeptes de pique-niques au parc à étendre leur nappe au sol. Petits et grands étaient heureux de pouvoir enfin manger et jouer pieds nus dans l’herbe. Une spontanéité estivale attendue qui peut cependant vite coûter cher. Facture d’un pique-nique improvisé pour deux adultes et un enfant.

Un petit fromage à pâte molle, un pot de mini bocconcini, un quart de pastèque, du humus aux haricots noirs, quatre tomates italiennes, un paquet de croustilles format régulier ; voici la liste des ingrédients achetés le jour J – à rabais – pour un montant total de 31 $.

À cela s’ajoutent de nombreux restes pigés dans le frigo pour compléter le plaisir : un tiers de concombre anglais, une fin de sac de raisins rouges rescapés, un morceau de longe de porc cuit sur le feu, un casseau de bleuets du Chili, quelques morceaux de pain bannique de la veille, quelques feuilles de salade verte, trois œufs durs, un fond de vinaigrette, de l’eau pétillante citronnée et du kombucha faits maison.

Évidemment, des 31 $, il y a des restes ; oui, les croustilles auraient pu être évitées. Malgré tout, la facture reste salée pour six items majoritairement détaxés.

En 2026, bien se nourrir de produits alimentaires santé (fruits, légumes, riz, produits laitiers, pain, etc.) est coûteux ; plus que d’acheter une pizza surgelée au Super C, mettons. D’ailleurs, si ces aliments ne sont pas taxés, c’est à l’origine pour en garantir leur abordabilité. Une stratégie insuffisante face à l’inflation si l’on en croit le dernier portrait alimentaire des Québécois, publié le 19 mai par l’Institut de recherche NutriQuébec. Moins de quatre adultes sur 10 consomment un nombre suffisant de fruits et de légumes, et huit adultes sur 10 consomment trop de gras saturés et de sodium. Le bilan n’est pas fameux.

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Seulement, « une alimentation de faible qualité est responsable de près de 20 % des décès attribuables aux maladies chroniques, tout en contribuant à des taux d’invalidité qui engendrent des coûts de santé sans précédent au Canada ». Un fait qui se répand à mesure que le nombre de personnes socioéconomiquement vulnérables s’accroît ; le lien de causalité n’est plus à faire.

À une facture d’épicerie qui comprend un nombre insuffisant d’aliments santé, faute de pouvoir se les payer, s’ajoute alors la facture de santé publique, sûrement plus onéreuse que pourrait l’être un programme gouvernemental qui assurerait la satisfaction des besoins alimentaires de base de sa population, par exemple.

Le rapport de NutriQuébec tombe à point nommé alors que nos camelots s’entretiennent dans les prochaines pages avec deux acteurs de la sécurité alimentaire au Québec : Ricardo Larrivée et Jean-François Archambault, de La Tablée des Chefs. Débrouillardise culinaire, sécurité alimentaire, éducation au goût sont autant de sujets abordés pêle-mêle.

En parallèle, notre journaliste, Yann Lenzen, s’intéresse aux groupes d’achats dans son premier article pour L’Itinéraire.

Vous venez de lire l’éditorial du 1er juin 2026. Pour lire l’édition intégrale, procurez-vous le numéro de L’Itinéraire auprès de votre camelot ou abonnez-vous au magazine numérique.

À propos de l'auteur

Karine Bénézet

Rédactrice en chef