Avez-vous remarqué quelques différences en regardant la page couverture de cette édition ? Un visuel épuré, une deuxième et troisième pages plus graphiques et aérées, etc. Contrairement au thème du magazine, ceci n’est pas une illusion ni même une erreur ! Au contraire, le magazine s’offre – jusqu’au prochain virage – une séance de microchirurgie esthétique. Et pour l’occasion, nous sommes remontés dans le temps… de 30 ans.

Le 1er avril 1996, L’Itinéraire, c’était 24 pages brochées, mensuelles, teintées d’un noir salissant, sur un papier journal épais. Tiré à 22 000 exemplaires, il se vendait alors 1 $ dans les rues de Montréal. La devise ? « Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête. »

Comme aujourd’hui, le magazine était écrit par les camelots. On y trouvait déjà J.-P., un des vendeurs encore croisé il y a moins d’une semaine ; on y lisait les écrits d’Alain Coulombe, alias Alcatraz, dont la participation marquante est immortalisée à travers les prix Alcatraz.

Le 1er avril 2006, le magazine se vend 2 $, compte 28 pages et est déjà bimensuel. La page de couverture est désormais en couleur.

Moins volumineuse que celles à venir, cette édition pose déjà les bases du magazine actuel : éditorial, Mots de camelots, portrait – qui deviendra le Zoom camelot –, le tout structuré autour d’un dossier culturel, avec La rage de l’ange de Dan Bigras.

Le papier glacé apparaît sur les couvertures, mais le reste conserve un toucher brut, épais, noir et blanc.

Le 1er avril 2016, on rit pour 3 $ avec la LNI, toujours partenaire de l’organisme. Le logo de L’Itinéraire, en forme de flèche, est à sa place en haut à gauche. Les camelots sont toujours plus présents dans les désormais 48 pages semi-glacées entièrement en couleurs qui font le magazine ; le sommaire passe d’une page à deux… avant de revenir à une, 10 ans plus tard ; chroniques culturelles, Rond-point international, édito, Zoom, dossier société, Dans la tête des camelots, etc., tout est déjà là, dessiné par le regard des camelots et encré par les plumes de 33 d’entre eux !

Pourquoi changer la grille du magazine maintenant, un 1er avril ? « Pourquoi pas, rigole Carla Braga, designer graphique à L’Itinéraire depuis six ans. C’est important de réfléchir aux visuels, pour s’adapter aux changements de l’organisme et aux tendances. On dit que L’Itinéraire, c’est bien plus qu’un magazine ! C’est vrai. Et le magazine est le meilleur moyen de le présenter. Il est aussi l’outil de survie du camelot et un outil de transformation sociale. C’est important qu’il soit toujours beau, à son meilleur. »

Vous venez de lire l’éditorial de l’édition du 1er avril 2026.

Pour contrer la crise de l'itinérance, votre don fait de la magie