« Je me sentais impotent et inutile dans la société. J’ai vu ce jeune qui avait du potentiel, mais pas les moyens financiers, et à partir de ce moment-là j’ai arrêté de penser à moi-même et de me regarder le nombril. Je suis un bon vendeur car j’ai eu beaucoup de petites business dans ma vie et j’ai eu envie de donner un coup de main aux musiciens. J’ai appris sur le terrain, je n’avais pas d’expérience, avoue M. Trudel. S’oublier soi-même en pensant aux autres, c’est se construire soi-même. »
Un malheur de santé
Âgé de 58 ans, il se retrouve à la rue à la suite de problèmes de santé; étant ébéniste-menuisier depuis 30 ans (il a notamment travaillé à la construction de deux maisons et trois synagogues dans le Mile-End), ses poumons ne fonctionnent plus qu’à 35 %. Ne pouvant plus travailler et étant travailleur autonome, il ne peut se prévaloir de congés de maladie. Et aussi après une séparation avec la mère de ses six garçons, il vend la maison familiale pour la somme de 1 $ à son ex-conjointe. Pour réaliser son rêve, Maurice se prive beaucoup; il met son argent personnel au service du RACIT. Il coupe ainsi sur les cigarettes, l’alcool et fait son « épicerie au Dollarama ». « Le RACIT est une fondation non-subventionnée; la subvention c’est une dépendance malsaine », tient-il à dire. Très motivé par son projet, il ramasse ses sous, se déniche un beau veston et son comparse technicien du son lui procure des souliers présentables. Accompagné de trois partenaires d’affaires plus jeunes que lui - Kevin Rouiller (son fils), Francis Gaumond et Vanessa Improto - Maurice désire éventuellement louer le Bar la Shop situé sur la rue Saint-Denis pour en faire une salle consacrée aux musiciens de la relève.Ces musiciens dans le besoin

Time for Pink Floyd Photo : Courtoisie
Récompense émotionnelle

Maiden Quebec. Photo : Courtoisie
« J’ai fait le vœu de la simplicité volontaire, je n’ai pas besoin de richesse. Mon salaire, je le redonne aux pauvres, qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? Ma récompense, elle est émotionnelle, dit Maurice avec humilité. Mes attentes envers le spectacle c’est de remplir la salle pendant les deux soirs et de donner de la visibilité aux musiciens. À long terme, si ça fonctionne, j’aimerais leur subventionner des logements, leur prêter main-forte pour l’épicerie ou les aider à retourner aux études. »Pour vous procurer un billet, au coût de 25 $ 1200 places sont disponibles chaque soir les 2 et 3 juin prochains au Théâtre Berri. Cet article intégral vous est offert gracieusement par L’Itinéraire. Vous en voulez plus? Passez voir votre camelot ou participez à l'aide à la rédaction en offrant un don.

Francis Gaumond et Maurice Trudel. Photo : Mario Alberto Reyes Zamora


