Au milieu du mois d’avril, c’est le moment de l’année où débutent les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey (LNH). Et dès que ça commence, on souhaite tous la participation du Canadien de Montréal. Pour les amateurs de hockey, c’est le summum de l’excitation. Quand, par bonheur, le CH participe aux séries d’après saison, la folie s’empare de la ville. On y voit partout les fanions aux couleurs des Habs installés sur les antennes des automobiles, des milliers de partisans qui portent fièrement leurs chandails, les tailgates party près du Centre Bell avant chaque match et les klaxons qui résonnent après chaque victoire.
Gérants d’estrade
Il y a également le phénomène des lignes ouvertes de sports, et leurs lots de fans finis prédisant inlassablement la coupe Stanley au Tricolore, qui ne dérougissent pas. Puis, on entend les analystes décortiquant avec frénésie chacun des matchs, les pros et les pseudos-connaisseurs qui, finalement, ne connaissent pas grand-chose, mais que l’on trouve comme toujours aussi divertissants.
Les émissions sportives à la télé ne sont pas en reste avec leurs analystes qui dissèquent chaque partie dans les moindres détails et nous gavent ad nauseam de statistiques. À un point tel que ç’en est étourdissant. Les bars sportifs sont remplis de joyeux lurons qui apportent à ces lieux une atmosphère qui frôle parfois la folie.
Même ceux qui n’y connaissent à peu près rien en hockey se laissent emporter par la fièvre des séries éliminatoires.
Ensemble
Un phénomène particulier se produit pendant cette période d’euphorie collective. Quelles que soient votre couleur de peau, votre origine, vos croyances, vos coutumes, peu importe d’où vous venez, on dirait qu’à peu près tout le monde n’en a que pour notre équipe locale. Quand une femme voilée porte fièrement les couleurs de l’équipe, quand un homme enturbanné arbore les couleurs du bleu blanc rouge avec panache, quand un apôtre du ballon rond devient soudainement un adepte de la rondelle, quand un témoin de Jéhovah… bon, faut quand même pas exagérer ! (C’est de l’humour !) N’en demeure pas moins que, croyants, non-croyants, athées, agnostiques, suppôts de Satan et autres hurluberlus, on prend tous pour le CH.
Le temple va se remplir de ses fidèles à chaque partie durant la grande messe des séries. Prions les Dieux du hockey pour ramener la coupe à Montréal. En vérité, je vous le dis, ici le hockey est une religion aux multiples disciples.
Pendant que la religion fait un travail impeccable pour diviser le monde, la Sainte Flanelle peut se targuer de faire tout le contraire. Il est grand le mystère de la foi. Tous en cœur, fidèles partisans : GO HABS GO !
Vous venez de lire un extrait de l’édition du 15 avril 2026.




