Le 9 août passé, au moment d’écrire ces lignes, se déroulait un peu partout dans le monde la 32e édition de la Journée internationale des peuples autochtones. Quelques jours plus tôt, à Montréal, on soulignait le 325e anniversaire du traité de la Grande Paix ; un « armistice » historique signé en 1701 par les membres de 38 nations autochtones et les dirigeants de la Nouvelle-France, mettant fin à une guerre incessante et facilitant par là même le développement commercial et celui de la colonie.
En visite au Musée de la Pointe-à-Callière, on comprend le chemin parcouru jusqu’à la signature des sept pages manuscrites du traité officialisant la fin des hostilités entre les Iroquois, les Français et leurs allié·e·s. Et ce n’est pas sans admiration ni reconnaissance que l’on se tient debout devant ce document d’archives – travail diplomatique sans commune mesure – qui fait l’histoire et le présent.
Ce combo émotionnel est cependant complété par un malaise face au contraste existant entre l’esprit du traité de la Grande Paix, fait d’écoute, de négociation et de compromis, et la façon dont se déroulent certaines relations actuelles entre le gouvernement et les Premières Nations. À titre d’exemple récent, le projet d’accord de développement énergétique négocié entre HydroQuébec, le gouvernement provincial et le Conseil des Innus de Pessamit. La communauté de Pessamit n’a eu qu’une poignée de jours pour décider du sort de son territoire ancestral ; 63 % des votants ont alors rejeté le projet de développement qui prévoyait pourtant des retombées de plusieurs milliards de $.
Tirer des leçons
On a l’envie de s’excuser d’essayer d’acheter la paix et les territoires à grand coup de dollars, 325 ans plus tard. Comme le souligne l’artiste anishnabe et française nommée pour la paix en 2025 Caroline Monet dans l’une des capsules vidéo présentées au musée : « […] La paix c’est une série de petits gestes, pleins d’humilité. C’est écouter, partager, respecter […] c’est un vrai engagement, qui se fait au quotidien. » Des leçons sont à tirer du passé, croit Taiaiake Alfred, professeur de gouvernance autochtone et de science politique, originaire de la communauté de Kahnawà:ke. Ce dernier rappelle que « Chaque nation venant de son territoire jusqu’à Montréal pour ce rassemblement voyait les autres comme des égaux. Ils avaient peut-être été en guerre, mais aucun n’était supérieur aux autres. »
À propos de la Journée internationale des peuples autochtones
Dans toutes les régions du monde vivent des peuples autochtones, qui détiennent, occupent ou utilisent 22 % des terres de la planète. Au nombre de 370 à 500 millions, les peuples autochtones représentent plus de la moitié de la diversité culturelle du monde ; ils ont créé et parlent la majorité des quelque 7000 langues vivantes. Malgré leur diversité, les peuples autochtones partagent des défis similaires liés à la reconnaissance et à la protection de leurs droits les plus fondamentaux. Nombre d’entre eux souffrent encore de marginalisation, d’extrême pauvreté et autres violations des droits humains.
Extrait de Les peuples autochtones dans le monde – Unesco
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