Début novembre, quand la mort rôde aux portes, que la grisaille s’installe et que le froid nous pousse à hiberner, le festival Coup de cœur francophone (CCF), lui, bat son plein. Depuis 40 ans, cette grande fête de la musique francophone canadienne réussit l’exploit de tirer les mélomanes de leur tanière.
Pour souligner le CCF40, L’Itinéraire a sélectionné une liste d’albums d’artistes qui présenteront leur spectacle de lancement et les a soumis aux oreilles attentives du camelot et artiste Siou Deslongchamps, qui a livré ses commentaires à chaud à sa première écoute. Zoom sur les albums de Duu, Anaïs Constantin et Andrea Prochazka.
Coup de cœur francophone, c’est 15 salles de spectacle à Montréal, plus de 70 artistes et groupes participants et, sur les 42 spectacles présentés du 5 au 15 novembre, 21 seront consacrés au lancement d’un nouvel effort musical.
Duu – Strobus / Banksiana
Album disponible le 9 octobre
Lancement le 12 novembre à la Sala Rossa
Peut-être le bassiste de sa génération le plus prolifique de la scène locale (zouz, Klô Pelgag, Philippe Brach, Shaina Hayes, Patche), Étienne Dupré poursuit ici son travail de recherche autour de la flore québécoise avec ce nouvel opus qui porte le nom scientifique du pin blanc et du pin gris : Sur Strobus / Banskiana, Duu, de son nom d’artiste, explore la dualité de ces deux piliers de la forêt québécoise, mais aussi celle qui l’habite, offrant une première séquence musicale plus acoustique et accessible pour tomber dans un son plus éclaté et expérimental.
Avec ses 16 titres, l’album, assez long, prolonge cette démarche intellectuelle à laquelle Duu nous avait habitués sur sa précédente proposition, Arboretum.
Ce qu’en a pensé Siou :
Les deux premières chansons, Un bruit blanc sur la rivière du Bic et Arbercorn, prennent toute la place autour de nous. On a l’impression d’être enveloppé par son univers, comme si on y était directement impliqué, inclus dans son atmosphère.
Puis arrive Aline, la troisième pièce, et quelque chose m’a capté immédiatement. C’est peut-être la chanson la plus accessible de l’album. Plus loin, et un peu partout sur le disque, certains passages donnent l’impression de pouvoir servir de générique à un film ou à une émission de radio. Il y a quelque chose de très cinématographique dans sa manière de faire naître des univers.
Il nous emmène dans des tableaux qui se répondent, qui se lient naturellement, une dualité tout en demeurant très différents l’un de l’autre. C’est un tour de force, malgré la grande variété des avenues musicales qu’il emprunte.
Mais ce qui m’a particulièrement touché, c’est le texte de la sixième pièce, L’étroit sentier, du côté Strobus. Elle arrive au terme des sept premières chansons, juste avant que l’album bascule vers quelque chose de plus turbulent. C’est un moment particulier du disque, presque un voyage intérieur, son voyage à lui.
Je m’y reconnais beaucoup. Je suis moi aussi parfois trop pris dans mon monde intérieur, avec cette impression d’avoir besoin de « sortir de mes absences », comme il le dit.
Certaines de ses images me parlent particulièrement : « les yeux rouillés », « l’autre côté de ma vie », ou encore « passer comme un monarque », comme si l’on souhaitait, à travers cette image, devenir plus léger. Et puis « parler à l’envers ». Ça me rejoint.
Vous venez de lire un extrait d’un article du 15 octobre 2026. Pour lire le texte intégral, procurez-vous le numéro de L’Itinéraire auprès de votre camelot ou abonnez-vous au magazine numérique.


