Mostapha a grandi en milieu rural, au Maroc, dans une famille qui possédait une petite ferme et quelques animaux. Se retrouver au milieu d’un troupeau en plein cœur de Montréal a indéniablement ravivé quelques souvenirs d’enfance.

Je viens d’une région semi-aride et rocailleuse au nord du Maroc avec des sentiers escarpés et sinueux mais relativement désenclavés, ce qui m’a permis d’aller à l’école. Mon père était membre d’une force paramilitaire auxiliaire à la police et sa solde ne permettait pas à une fratrie très nombreuse de manger à sa faim. Pour survivre, notre famille exploitait une minuscule ferme. Nous avions une agriculture maraîchère, des amandiers, des figuiers, un troupeau de brebis et quelques vaches. Ma mère était très dévouée et une infatigable travailleuse. Si j’ai pu avoir une éducation jusqu’à l’université, c’est grâce à elle!

Nous faisions des allers-retours entre notre maison en zone rurale et la ville avoisinante et pendant les vacances, nous aidions au travaux agricoles et à la garde du troupeau.

Mais avant de parler de mon expérience, examinons un peu ce que ça veut dire chez nous être berger. Un berger est généralement un enfant ou un jeune adolescent placé chez un éleveur contre une rétribution annuelle d’une valeur équivalente au prix de quelques brebis et qui n’est perçue que par son père ou son tuteur. En d’autres mots, le berger travaille littéralement pour rien. Son travail est conditionné par la nature. Il commence à l’aube et ne finit qu’à la tombée de la nuit et puisque les animaux doivent manger chaque jour, un berger n’a jamais de congé.

Le travail est plus dur en hiver car les moutons ne trouvent rien à manger et courent dans tous les sens, ce qui les contraint à être debout tout le temps. Pendant cette saison, il faut aussi passer toute la journée dans les champs. En été, c’est une autre paire de manches car les brebis trouvent facilement de quoi manger et dès que le soleil prend le milieu du ciel, elles commencent à somnoler. Conséquemment, on les fait rentrer à l’étable. En été, on garde le troupeau le matin et le soir avec une pause de quatre ou cinq heures.

Vous venez de lire un extrait du dossier du 1er juillet 2026. Pour lire le texte intégral, procurez-vous le numéro de L’Itinéraire auprès de votre camelot ou abonnez-vous au magazine numérique.

À propos de l'auteur

Mostapha Lofti

Camelot