Boucar Diouf a plusieurs casquettes : humoriste, biologiste, animateur. Mais lorsqu’on lui pose la question, il se définit comme un raconteur d’histoires, avant tout. Dans ses spectacles, ses livres et ses interventions médiatiques, il scrute la nature pour éclairer nos contradictions et les tensions de notre époque.

L’Itinéraire a rencontré l’humoriste dans un café du Vieux-Longueuil. Attablé dans la « zone sans écran », le cadre allait donner, sans le savoir, le ton à la discussion. Nous avons parlé de cette année étrange qui s’achève, de l’essor du capitalisme numérique et de la nature comme médicament.

Le café était particulièrement animé ce jour-là. Un comité de la ville de Longueuil y tenait un petit rassemblement. À peine entré, Boucar Diouf a reconnu plusieurs visages, la pièce s’est rapidement chargée de sourires et de poignées de main. Une scène qui en dit long.

2025, une année bouleversée

Pour beaucoup, 2025 rime avec Donald Trump. « Il nous a chamboulés », constate Boucar Diouf. Depuis un an que l’ancien président est revenu à la Maison-Blanche, tout semble s’être accéléré : 200 décrets exécutifs signés, 10 urgences nationales déclarées, un tempo politique effréné qui déteint sur l’humeur du monde. En parallèle, on peine à croire qu’il n’est revenu « que » depuis 12 mois tant il est omniprésent.

« Je n’ose pas imaginer ce qui pourrait arriver si ça dure quatre ans », souffle l’humoriste. Cette distorsion du temps, il la ressent lui aussi. « Tout est relatif, plaisante-t-il en citant Albert Einstein. Avec Donald, on a appris ce qu’est la relativité du temps. »

Son année a été vivement marquée par les élections américaines. Trump, Elon Musk, la montée des géants du numérique, etc. autant de figures que Boucar Diouf regarde comme un biologiste observerait un écosystème en mutation. Pour lui, Trump a quelque chose du chimpanzé. Musk personnifie l’insatisfaction humaine – ce moteur qui nous pousse sans cesse à vouloir plus. Quant aux géants du numérique, ce sont les superprédateurs des temps modernes.

Il en parle dans ses spectacles d’humour, dans ses émissions de radio, mais surtout dans son plus récent ouvrage : Déconnecter : Pour se rebrancher aux racines de notre humanité, paru en septembre 2025. « Ce livre, c’est vraiment en lien direct avec le bouleversement que la planète traverse, à tous les niveaux. », confie-t-il.

« Ces fils que nous jetons vers les autres sont des façons de s’ancrer à une toile sociale concrète et d’être plus résilients face aux grands vents qui emportent les moins soutenus. »
– Extrait du livre Déconnecter : Pour se rebrancher aux racines de notre humanité.

Vous venez de lire un article de l’édition du 1er janvier 2026.
L'Itinéraire numérique