Et si le communautaire n’existait pas?
L’Itinéraire demande à trois survivants de la rue ce qu’aurait été leur vie si le communautaire n’avait pas existé.
L’Itinéraire demande à trois survivants de la rue ce qu’aurait été leur vie si le communautaire n’avait pas existé.
Ma mère consommait de l’héroïne et, un soir, des personnes m’ont trouvée à 3 h du matin dans un bar avec elle. J’étais intoxiquée parce qu’elle me nourrissait au sein et il y avait de la drogue dans son lait.
Derrière chaque exemplaire vendu se cachent des marques de solidarité et de partage. Nous avons donc décidé de partir à la rencontre de ces relations inspirantes entre les camelots et leur client.e.s.
J’ai fait l’école résidentielle (pensionnat). J’ai été violenté, mais juste physiquement. À 9 ans, je me suis sauvé. C’était en janvier. On m’a retrouvé, puis ramené chez nous.
L’histoire se passe en Algérie, en 1956. Il y avait un cireur de chaussures au port d’Alger qui devait avoir à peine 12 ans, il était très pauvre. Toute la journée, il voyait des bateaux aller et venir. Un jour, il a sauté à l’intérieur d’un cargo sans savoir où il allait. Lorsque l’équipage l’a trouvé, le jeune ne parlait pas anglais, il essayait de communiquer en faisant des signes. Ils ont commencé à jouer avec lui et à lui faire croire qu’ils allaient le jeter par-dessus bord en le balançant. Le commandant riait, l’enfant était paniqué.
Résultat : une hernie discale à la colonne. Ce n’est pas opérable et je devrais apprendre à vivre avec, qu’on me disait. Les années ont passé. J’étais rendu au point où j’allais travailler avec ma canne. La douleur était si intense que j’ai dû abandonner la job.