« Les temps ont beaucoup changé », affirme Kim Clavel, qui soutient que la boxe contribue aux droits des femmes.

Championne du monde de L’International Boxing Federation (IBF) des poids pailles, Kim Clavel profitera d’une forme de « congé de maternité » de neuf mois après son accouchement avant d’avoir à défendre son titre. Une avancée qu’elle qualifie « d’énorme » pour un sport qui n’a fait son entrée aux Jeux olympiques qu’en 2012.

Dans Saint-Michel, un organisme communautaire appâte les jeunes de ce quartier montréalais avec la boxe pour les tenir loin des tentations de la rue. L’organisme attire les ados grâce au gym de boxe The Corner auquel il s’est associé pour finalement leur faire découvrir tout un éventail d’activités sportives et culturelles.

Malgré les préjugés qui lui collent à la peau, celui que l’on surnomme le noble art continue de faire évoluer les mentalités.

Kim Clavel, un modèle pour l’inclusion

« Je suis déjà à 20 semaines, ça passe vite, j’ai la moitié [de ma grossesse] de faite », lance la future maman, et championne du monde de boxe, Kim Clavel, aussi volubile au téléphone qu’énergique sur un ring. Entourée de « son village », comme elle l’appelle, elle vit sa grossesse là où elle a grandi, à la campagne.

Après une année 2023 difficile, Kim Clavel a récupéré sa ceinture de championne du monde IBF des poids pailles. Elle est tombée enceinte le même soir, le 27 septembre dernier et file maintenant le parfait bonheur. « J’ai toujours voulu être mère, mais j’avais un peu fait une croix là-dessus », souligne-t-elle en précisant son engagement dans son sport.

Une pause du ring

Kim Clavel a officiellement jusqu’au mois de mars 2027 pour remonter sur le ring et défendre son titre de championne du monde des poids pailles (105 lbs).

L’idée de reprendre la pratique de son sport est toujours dans sa tête ; elle continue d’ailleurs de s’entraîner. « Je fais de la course et je tape dans des sacs », poursuit-elle en précisant qu’elle fait bien attention au bébé. « Ce n’est pas une retraite, c’est une pause. J’ai bien l’intention de reprendre mon titre et j’aimerais le faire sous les yeux de ma fille, si c’est une fille. Ce serait merveilleux », se permet-elle de rêver.

Bien qu’elle ait la tête dans les nuages de la maternité, elle garde les deux pieds bien ancrés sur le ring. Sans pouvoir prévoir à long terme en raison des nombreux impondérables, elle a un plan général qu’elle entend peaufiner selon ce que l’avenir lui réservera. « Je me retrouve devant l’inconnu. Je ne sais pas comment mon corps va réagir. Il y a tellement de choses que je ne contrôle pas. »

« Les premiers mois, je vais les passer avec mon bébé pour qu’on fasse connaissance. Je vais apprendre à le connaître avant de me remettre progressivement en forme », confie la future maman. Les trois derniers mois – son dernier trimestre –, elle se soumettra à un intense camp d’entraînement afin d’être dans la meilleure forme possible pour la défense de son titre.

Vous venez de lire un article de l’édition du 1er mars 2025.
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