Collaboration L’Itinéraire X Petit Petit Gamin

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En collaboration avec Petit Petit Gamin

Avez-vous déjà vu la vidéo de chats qui sont terrifiés par un concombre ? Je l’ai personnellement essayé; j’ai acheté un concombre et l’ai mis à côté de ma chatte Miel et puis, rien! Insouciance totale… Avec plus de 14 millions de visionnements sur la chaîne YouTube, cette vidéo fait partie des publications de chats en tout genre qui envahissent aussi les réseaux sociaux, particulièrement Facebook. Y-a-t-il une explication scientifique derrière ce phénomène à la fois attendrissant et comique ?

Ainsi circulent et se multiplient les vidéos félines qui font craquer les internautes, mais à quoi attribuer leur succès mignon sur internet ? Plaisir coupable, augmentation de l’énergie et émotions positives, voilà ce qui en résulte une étude, très sérieuse, de l’Université de l’Indiana datant de 2015. Son auteure, la professeure Jessica Gall Myrick, a enquêté auprès de 7000 personnes sur leur vision des vidéos de chat et sur la façon dont elles affectent leurs humeurs.

Ainsi l’effet futile est peut-être plus profond que vous ne le pensez. Publiée dans le journal Computers in Human Behavior, l’étude a mis en relief la procrastination, le bienfait psychologique en diminuant le stress de même qu’une sorte de zoothérapie virtuelle. Parfois les sujets étudiés ressentaient du remords pour avoir perdu du temps en regardant du contenu si insignifiant.

De vraies vedettes

Peut-être connaissez-vous l’un des chats les plus populaires du web, Lil Bub, dont le propriétaire Mike Bridavsky vit à Bloomington et dont l’animal de compagnie fait un tabac via les médias sociaux. De surcroît, Lil Bub possède même sa propre page Wikipédia. Une autre chatte, Grumpy Cat de l’Arizona, est devenue célèbre sur internet en raison de son expression faciale boudeuse et, un film Grumpy Cat’s Worst Christmas Ever a été réalisé en 2014 malgré sa piètre note de 5,1/10 sur le site IMDb. Ici, au Québec, bénéficiant d’une notoriété semblable et ayant une drôle de bouille, Atchoum, originaire de Repentigny, est devenu une véritable vedette sur Facebook avec ses 92 000 abonnés dû au fait que les poils de son visage ne cessent jamais de pousser.

Phénomène de la culture pop

« Certaines personnes pensent que regarder des vidéos de chats en ligne n’est pas un sujet assez important pour la recherche universitaire, mais le fait est que c’est l’une des utilisations les plus populaires d’internet aujourd’hui, a déclaré Mme Myrick par voie de communiqué. Si nous voulons mieux comprendre les effets qu’internet peut avoir sur nous en tant qu’individus et sur la société, les chercheurs ne peuvent plus ignorer les chats du web. »

Les données sur internet montrent que plus de 2 millions de vidéos de chats ont été publiées sur YouTube en 2014, avec près de 26 milliards de vues. Les vidéos de chat avaient plus de vues par vidéo que n’importe quelle autre catégorie de contenu YouTube. Dans l’étude de Mme Myrick, les sites les plus populaires pour regarder des vidéos de chats étaient Facebook, YouTube, Buzzfeed et I Can Has Cheezburger.

Procrastination ou effets positifs ?

Les participants à l’étude de Mme Myrick ont rapporté qu’ils étaient plus énergiques et se sont sentis plus positifs après avoir regardé les médias en ligne liés aux chats. Ils avaient aussi moins d’émotions négatives, comme l’anxiété, l’agacement et la tristesse. Le plaisir qu’ils ont de regarder les vidéos de chats a contrebalancé toute culpabilité qu’ils ont ressentie par rapport à la procrastination.

« Même s’ils regardent des vidéos de chats sur YouTube pour procrastiner ou pendant qu’ils devraient fonctionner, les retombées émotionnelles peuvent aider les gens à accomplir des tâches difficiles après », a déclaré Mme Myrick. Les résultats suggèrent également que les recherches futures pourraient explorer comment les vidéos de chats en ligne pourraient être utilisées comme une forme de zoothérapie à faible coût.

Les chatons de Bruxelles

Peut-être vous souvenez-vous du moyen utilisé pour redorer l’image de la capitale belge au moment où l’alerte était à son niveau maximum ? Les attentats perpétrés à Paris le 13 novembre 2015 ont montré Bruxelles sous un mauvais jour alors que plusieurs terroristes étaient originaires de cette capitale. De nombreux Belges ont donc inondé la Toile de chatons accompagnés du mot-clé #BrusselsLockdown, alors que la police leur avait demandé de ne pas divulguer d’informations sur les réseaux sociaux à propos des opérations anti-terroristes en cours. Personnellement, ces images félines m’ont fait sourire et ont dédramatisé toute la violence que véhiculaient les réseaux sociaux depuis les attentats. Elles ont su focaliser sur des thèmes plus légers et détendre l’atmosphère générale, en fait un souffle léger qui permet d’inspirer et d’expirer pendant un moment difficile à vivre.

 

 

 

La fascination pour les chats n’est pas nouvelle ; cet animal sacré est associé au symbole de protection (des récoltes notamment) par les Égyptiens de l’Antiquité qui les vénéraient, les momifiaient et faisaient des statues d’eux que l’on retrouvait dans des cimetières pour chats. Avatar du dieu Rê en tant que pourfendeur du serpent Apophis, le chat atteint son apogée alors qu’il est perçu comme l’incarnation de la déesse Bastet (à tête de chat).

Photo : InSapphoWeTrust