Défendre la liberté de presse
Élu en novembre à la présidence de la FPJQ, M. Nguyen couvre les affaires judiciaires au Journal de Montréal depuis 2011. Il est l’auteur du livre L’affaire Magnotta : Au cœur de l’horreur. La FPJQ rassemble 1 800 journalistes dans plus de 250 médias de toutes tailles à travers le Québec. L’équipe de rédaction de L’Itinéraire en fait maintenant partie. « On défend la liberté de presse et le droit du public à l’information. On est les yeux et les oreilles du public », explique M. Nguyen. Chaque fois que cette liberté est menacée, la Fédération intervient, par exemple, pour faire respecter le droit de filmer les délibérations lors d’un conseil municipal. La FPJQ fait aussi des représentations en commissions parlementaires, devant le CRTC, les juges, la police et d’autres organismes publics, non pour défendre l’intérêt des entreprises, mais bien celui du journalisme.Lutter contre les fausses nouvelles en éduquant le public
La prolifération des fausses nouvelles est un autre grand défi de la profession. À cet égard, M. Nguyen se réjouit de certaines initiatives comme l’émission Les Décrypteurs sur RDI qui traque les fausses informations. On y explique comment elles se propagent sur les réseaux sociaux et démontrent en quoi elles ne sont pas fondées. « Ils font un travail remarquable », juge-t-il. Pour sa part, la FPJQ a lancé le programme 30 secondes avant d’y croire destiné aux jeunes. Des journalistes bénévoles se déplacent dans les écoles pour leur expliquer comment détecter les fausses nouvelles. On leur enseigne des petits trucs qui permettent facilement de faire la différence entre le vrai et le faux. On leur conseille également de prendre quelques secondes avant d’aimer, partager et commenter une nouvelle. Ils apprennent l’importance d’aller au-delà du titre accrocheur pour prendre le temps de lire la nouvelle ou de visionner la vidéo au complet, de vérifier la source, de faire preuve d’esprit critique et de comprendre le but du message (voir à ce sujet 30secondes.org) Les fausses nouvelles sont à première vue très attrayantes. Et les algorithmes de Facebook privilégient la popularité mesurée par les clics, plutôt que les sources fiables. Il existe des usines à fausses nouvelles qui en produisent à la tonne et qui génèrent d’importants revenus publicitaires, explique M. Nguyen. L’argent n’est pas le seul motif, car les fausses nouvelles secrètement produites par des puissances étrangères comme la Russie, l’Iran et la Chine cherchent à exacerber les conflits sociaux ou à influencer le résultat des élections. Les plateformes de diffusion et les gouvernements doivent s’attaquer plus résolument à ces tentatives. Mais la meilleure défense demeure « le journalisme de qualité, sérieux, auquel les gens peuvent faire confiance ».* Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft


