Le 14 septembre s’est tenu l’événement Camelot d’un jour. Une «expérience intelligente» de sensibilisation à la réalité de ceux et celles qui vivent sur le fil de la marge sociale, comme le décrit François-Étienne Paré, porte-parole de L’Itinéraire. Uniforme sur le dos et magazine à la main, une soixantaine d’artistes, bénévoles et gens d’affaires se sont prêtés au jeu de vivre le quotidien des camelots sous les regards intrigués, parfois détournés des passants. Retour à chaud sur la 6e édition de Camelot d’un jour.

Il est 12 h 30. Après une heure et demie de vente, les ventres se creusent et les impressions s’accordent à la réalité: « Vendre L’Itinéraire, ce n’est pas facile », affirme le comédien, directeur général de la Ligue nationale d’improvisation, François-Étienne Paré. Il en sait quelque chose, lui qui se décrit comme « le pire vendeur de sa première édition de Camelot d’un jour ». Pourtant, il revient cette année encore.

C’est le cas d’autres personnalités, comme l’animatrice de L’épicerie (Radio-Canada) Johane Despins. Pour elle, c’est d’ailleurs une évidence, voire un devoir social, de faire profiter les camelots et L’Itinéraire de sa popularité. De rendre service à ceux « qui doivent travailler dur pour avoir ne serait-ce qu’un regard et une attention, et envers qui elle a un respect sans nom ».

Marie Grégoire, présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, appellerait ça tout simplement de la bienveillance. C’est d’ailleurs avec ce même sentiment qu’elle a fait du hall de la Grande Bibliothèque, à Montréal, le point de lancement de Camelot d’un jour cette année pour la première fois. « On est très frère et sœur d’esprit, L’Itinéraire et BAnQ », amorce-t-elle, lorsqu’elle parle de « donner des outils aux citoyens pour qu’ils puissent s’épanouir, découvrir, et surtout, repousser les frontières de leurs connaissances ». Il allait donc de soi pour l’institution et partenaire de longue date d’accueillir L’Itinéraire et ses camelots chaleureusement.

Consultez l’album photo de Camelot d’un jour 2022 ici.

Travail d’équipe !

Carla Braga

C’est vraiment un travail d’équipe avec Suzanne (camelot) et Khalil (bénévole). Suzanne, c’était notre vedette, c’est elle qui était notre service après vente, elle souriait et donnait la main aux gens pour les remercier. C’était elle la force de notre trio! Khalil était l’homme à tout faire; en plus de vendre, il assurait notre ravitaillement en magazines et expliquait le paiement par texto aux clients. Il a été super! Moi, j’encourage les gens à faire ce que je fais aujourd’hui. Prenez quelques heures pour aller vendre L’Itinéraire avec un camelot. Ce qui n’est pas toujours facile. Vous avez des refus, des gens qui passent tout droit, mais, comme nous l’a dit une cliente: L’Itinéraire, c’est LE magazine le plus important au Québec.

GUY JODOIN, COMÉDIEN-ANIMATEUR, CAMELOT D’UN JOUR AVEC SUZANNE LEBLANC ET MEILLEUR VENDEUR À C1J DEPUIS 2015

Des jeunes sensibilisés

Carla Braga

On vend beaucoup de magazines ! On est en face de l’UQAM et il y a plein d’étudiants qui nous ont encouragés. C’est dire à quel point les jeunes sont interpellés par l’idée du vivre ensemble, du partage de la richesse, d’encourager ceux qui sont dans le besoin. Pis moi, ça me donne de l’énergie pour continuer ma journée de Camelot d’un jour! C’est ma première participation et non la dernière. Je serai là l’année prochaine, garanti !

ÉMILE BILODEAU, AUTEUR-COMPOSITEUR-INTERPRÈTE, CAMELOT D’UN JOUR AVEC PIERRETTE

Un obstacle à contourner

Pascale Planet

Ce qui me frappe, c’est que les gens, alors qu’un camelot ouvre la porte à la discussion, font parfois comme si on n’existait pas. C’est rabaissant. L’importance de vendre L’Itinéraire, c’est pas de faire de l’argent. C’est l’interaction. Même moi, qui ne passe pas inaperçu, qui suis bien habillé, je me suis senti comme un obstacle à contourner. Il y a un manque d’humanité, d’interaction, surtout de sensibilisation.

STERLING DOWNEY, CONSEILLER MUNICIPAL DE MONTRÉAL, CAMELOT D’UN JOUR AVEC SIOU

Un geste rassurant

Karrine Bénézet

J’aime beaucoup l’idée derrière L’itinéraire. Et d’entrer en contact direct par le biais du magazine, c’est concret et très beau. C’est ce moment d’humanité, que je trouve fuyant dans les temps qu’on vit, que je recherche. Ce moment, entre humains, pendant lequel on fait des ponts, même brièvement. Ça me rassure sur notre avenir, en tant qu’espèce.

STÉPHANE DEMERS, COMÉDIEN, CAMELOT D’UN JOUR AVEC ROGER PERREAULT