À la veille d’écrire ces lignes, les médias rapportaient le décès d’une mère de cinq enfants, tuée par son ex-conjoint dans Lanaudière. Un drame qui porte à 15 le nombre de féminicides au Québec cette année. Cette vague de meurtres de femmes rappelle à Alix Dufresne, metteuse en scène de Féministe pour Homme, que «c’est aussi ça le féminisme». Une dure réalité imbibée de violences, qui souligne une fois de plus la nécessité d’aborder sans relâche les inégalités entre hommes et femmes. Une mission honorée par Sophie Cadieux dans Féministe pour Homme, un one woman show inclusif, grave et humoristique qui devrait en convaincre plus d’un.e de percevoir le féminisme comme une recette gagnante pour tous.

Féminisme pour tous

Féministe pour Homme, «n’est pas une leçon faite aux hommes», explique Rébecca Déraspe auteure québécoise et responsable de l’adaptation de ce stand-up théâtral, joué par Sophie Cadieux à l’Usine C, du 27 au 31 octobre prochain.

Si le thème n’est pas nouveau, il reste «lourd» à aborder. Pourtant, l’adaptation québécoise de cette pièce française est parsemée d’humour tout en évoquant avec réalisme des inégalités et enjeux vécus par les femmes, dont certains plus complexes que d’autres.

Cartes sur table

Sur scène, Sophie Cadieux «commence par l’aspect physique et les difficultés vécues par les femmes par rapport au regard de la société». Une entrée en matière qui mènera vers des discussions plus délicates sur les thèmes des violences obstétricales, des règles, du plaisir féminin ou encore de la charge mentale et de l’éducation. Des enjeux sociaux auxquels tout le monde devrait se sentir concerné, explique l’actrice : «On nous apprend depuis longtemps que l’histoire de l’homme concerne l’humanité. Et là, la moitié de l’humanité a sa propre histoire qui se fait porte close, en sous-secteur, en magazines spécialisés. Alors, pourquoi ne pas mettre cartes sur table et partager ça ensemble ?»

Pour le duo de femmes qui se sont servies tant de l’écriture de Noémie De Lattre, auteure et comédienne de la version originale, que de leurs expériences et anecdotes personnelles, le point clé du spectacle est le mot «ensemble», car «le féminisme, l’égalité des chances et des choix, c’est pour tous, exprime Rébecca Déraspe avant d’ajouter qu’on a tous à y gagner, homme et femme

Un one woman show qui se veut alors bienveillant et surtout inclusif, contrairement à ce que laisse entendre le titre irrévérencieux imposé par les droits d’auteurs. Il faut dire que la version française peut paraître parfois pamphlétaire. «Noémie tire sur tout», dit Sophie Cadieux, mais «elle a aussi l’œil fin pour noter tout ce qu’on perpétue comme rapports inégalitaires depuis la nuit des temps», ajoute Rébecca Déraspe.



Le féminisme c’est…

Yvon : Un ensemble de revendications faites par des femmes qui cherchent l’égalité entre elles et les hommes. Et si les hommes ne se sentent pas autant concernés par le féminisme que les femmes, ça fait d’eux des hommes qui, en bon québécois, breakent l’évolution de la femme. Mais il y a de plus en plus d’hommes féministes, même s’ils ne sont pas encore assez nombreux.

Féminisme : « Ensemble d’idées et de mouvements orientés vers un but commun : atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie pour une société plus juste, plus heureuse et plus prospère.»

Source : Féminisme : Nom commun, cause commune, Conseil du statut de la femme, 2016.